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Nos croyances, leur réalité : quelles conséquences pour nos enfants?

extrait du numéro 67 de novembre-décembre 2017

La réalité de notre vie est composée d’événements neutres auxquels nous donnons un sens automatiquement et inconsciemment. À l’origine de cette « coloration » des situations, on trouve, entre autres, nos croyances, nos mémoires, nos références familiales et culturelles. Dans quelle mesure, nous, parents, influençons-nous la perception de la réalité de nos enfants ? Comment nous libérer, les libérer de nos croyances afin qu’ils créent leur propre réalité ?

La nature de la réalité est toujours un sujet d’étude scientifique. Albert Einstein écrivait qu’elle ≪n’est qu’une illusion même si elle est persistante1≫. Le professeur Denis Bédat la définit comme l’ ≪ensemble des phénomènes qu’un sujet conscient considère comme existant effectivement2≫.
Il y a autant de réalités que d’individus tant sa perception est subjective et évolutive. Chaque perception est unique, limitée par les sens et filtrée par les croyances.

Six niveaux de perception
Gregory Bateson, psychologue américain, a défini six niveaux logiques ≪sur lesquels s’organisent l’expérience et la perception de la réalité3≫ à chaque instant. Ces niveaux, du plus conscient, sujet a changement fréquent, au plus inconscient, stable, sont les suivants : l’environnement (ou, quand, avec qui), le comportement (quoi : faire, agir), les capacités (comment), les croyances et les valeurs (pourquoi), l’identité (auto-perception, conscience de soi) et la mission (projet, sens). Notre influence de parent agit donc sur plusieurs de ces niveaux puisque notre accompagnement vers l’âge adulte passe par des propositions permettant a nos enfants d’expérimenter tant en termes d’actions et réactions qu’en termes de compétences. Le niveau sur lequel nous souhaitons réfléchir ici est celui des croyances, considérant que ≪La totalité de votre réalité actuelle, tout ce que vous avez vu et vécu dans votre vie, est le résultat de toutes vos croyances, pensées, de tous sentiments et actions passées […]. Dès le moment où vous en acceptez la responsabilité, vous prenez conscience que vous avez le pouvoir de créer votre avenir en choisissant vos croyances, vos pensées, vos sentiments et vos actions4≫.
Reconnaitre nos croyances et celles de nos enfants peut nous permettre de les transformer, de nous en libérer pour modifier nos réalités.

Croyance : origine et définition
Pour Christian Flèche5, une croyance est une réponse d’adaptation a l’environnement dans un contexte précis puisqu’elle est le sens qui relie une expérience concrète et des valeurs. ≪La croyance n’est pas une opinion. C’est un acte qui engage la totalité de l’être cognitif, émotionnel et comportemental≫. Elle n’est ni vraie, ni fausse : à l’origine d’une croyance, il y a un événement unique ou une série d’expériences ou encore un conditionnement éducatif qui donne lieu a ≪une généralisation catégorique, artificielle et non justifiée≫ qui perdure hors contexte.
Elle n’est pas une pensée objective et rationnelle et se reconnait a nombre de marqueurs tels que des quantificateurs universels (toujours, jamais, tout le monde...), un operateur modal (il faut, tu dois), une rigidité, le tout caché sous une vérité ayant force de loi. Chaque croyance fait référence à une valeur qui cherche à être satisfaite et peut être de différents ordres : survie, confort, esthétique, intérêt personnel, estime de soi, sécurité... Elle se met en place inconsciemment au cours du développement, elle est socialement normée et culturellement codifiée.

Des croyances limitantes
Une croyance est issue d’un vécu conflictuel auquel elle est censée apporter une solution ou une réponse. Ce qui était adapté à un moment donné précis peut devenir une contrainte dans un autre contexte ≫. Et ce d’autant plus pour celui qui n’a pas vécu l’événement fondateur, ce qui est le cas de nos enfants quand on leur inculque nos croyances personnelles. Cette transmission est plus ou moins implicite, a lieu par loyauté familiale ou sur injonction. Ces croyances modélisent l’environnement de nos enfants, collent des étiquettes et limitent leur liberté émotionnelle. Les valeurs et besoins insatisfaits à l’ origine de nos croyances sont les nôtres, pas ceux de nos enfants. Une croyance peut être structurante ou non-structurante. L’ancrage d’une croyance structurante est précoce, les valeurs en jeu sont fondamentales et cette croyance est fondatrice (elle compose notre noyau). Se faire accompagner par un thérapeute est nécessaire pour s’en libérer. Les croyances non-structurantes concernent des aspects superficiels, non existentiels, nous pouvons agir, pour nous et pour nos enfants.

Se libérer de ses croyances
Prendre conscience de la présence de ces croyances par les mots utilisés est une première étape. Transformer nos croyances limitantes en croyances ouvrantes évite d’y enfermer nos enfants : les toujours et les jamais sont contextualisés (≪ a la maison ≫), les operateurs modaux (≪ il faut ≫) deviennent non contraignants (≪ je peux ≫), le tout ou le rien sont nuancés (≪ jusqu’a maintenant ≫, ≪ une partie de moi ≫), rigidité et exclusivité s’assouplissent et offrent des choix, la généralité devient personnelle et la croyance est de nouveau soumise au réel (≪ j’observe que ≫ remplace ≪ je devine que ≫). Sur le fond, il est intéressant d’introduire le doute : trouver des contre-exemples, chercher des preuves. Et si c’était vrai, en quoi cela serait-il un problème ? A quelle valeur la croyance fait-elle référence ? Ai-je d’autres choix pour satisfaire cette valeur ? L’objectif est de déstabiliser la croyance limitante pour qu’enfin elle devienne écologique c’est-a-dire sans inconvénients. On pourra ainsi sortir ≪des schémas auto-créés qui régissent notre vie6≫ et nous conditionnent, prendre le recul nécessaire avant d’agir et surtout ≪choisir sa liberté émotionnelle≫ en nous interrogeant sur notre système de croyances.

Donner du sens intentionnellement, changer sa conversation et ses réactions influencent notre expérience de vie tant au niveau physique qu’énergétique. A l’exemple de ≪ la méthode du miroir ≫ proposée par Louise Hay, ≪c’est en changeant la façon dont vous vous adressez mentalement à vous-même en vous libérant de vos anciens schémas de pensée négatifs que vous pourrez mieux vivre dès aujourd’hui en vous ancrant dans le moment présent7≫. Selon la mécanique quantique, branche de la physique, tous les mécanismes de l’univers sont relies les uns aux autres. Par vibration, grâce aux neurones miroirs ou encore grâce a la loi de l’attraction, toute action sur notre conscience a un impact sur le collectif : sur nos enfants donc et sur le monde. ◆

Guillemette Lepelletier

 1 Denis Bédat, Les Nouvelles Sciences de la santé, Édition Guy Trédaniel (2016), p. 27. /

2 Ibid. /

3 Christian Flèche et Franck Olivier, Croyances et thérapies, démasquer ses croyances et s’en libérer, Éditions Le Souffle d’Or (2007), p. 105. /

4 Don Ernesto Ortiz, La Porte de la libération : Manuel de paix intérieure, Éditions Véga (2017), p. 70. /

5 Les trois citations qui suivent sont issues de Christian Flèche et Franck Olivier, op. cit., p. 15, 73 et 141. /

6 Cette citation et celle qui suit sont issues de Don Ernesto Ortiz, op. cit., p.17 et 26. /

7 Louise Hay, La Méthode du miroir, 21 jours pour amplifier les effets de la pensée positive, Éditions Guy Trédaniel (2016), p.33.

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