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A lire et à voir

Sans la musique la vie serait une erreur...

article extrait du numéro 62 de janvier/février 2017


 *extrait du numéro 62 : Les enfants et la musique

« Sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil », écrivait en 1888 le philosophe allemand Friedrich Nietzsche dans Le Crépuscule des idoles. Il n’exprimait pas par cette formule un « simple » attachement personnel à la musique  Mais plutôt l’idée que, pour reprendre les termes d’Éric Blondel, « la musique ne  constitue pas un des agréments accessoires, utiles ou nécessaires de la vie, elle est, bien plus, le signe de la perfection de la vie, elle exprime la vie en soi, en tant que telle, dans sa perfection, dans son essence la plus intime1. »

Et il n’y a pas d’humanité sans musique.
Les premiers instruments de musique remontent au moins à 35 000 ans mais la pratique de la musique est sans doute beaucoup plus ancienne. Où que nous allions sur la planète, la musique est toujours présente. Les  époques, les communautés, les cultures, les civilisations, les valeurs, les sentiments, les idées, s’expriment par la musique qui est un langage universel. La musique nous enveloppe dès nos premiers mois de vie dans la matrice maternelle.
La musique a bien quelque chose d’essentiel qui définit notre humanité, qui exprime nos forces vives, notre  corps, nos émotions, notre amour de la vie, la vie tout simplement.

Images musicales de l’enfance

Quand je pense à mon enfance, j’entends de la musique. Chaque souvenir, ou presque, est accompagné d’un rythme ou d’une mélodie, ceux qui étaient effectivement joués lors de l’événement dont j’ai conservé la trace mentale, ou ceux qui « colorent », habillent d’une texture sonore, l’époque de ma vie dont l’événement mémorisé fait partie. Un peu comme si mes souvenirs étaient eux-mêmes traduits en musique. Mais, en fait, mon enfance a  réellement été emplie de musique. Mes parents n’étaient pas musiciens, même si mon père jouait du flûtiau quand, enfant, il gardait les moutons. En revanche, dès qu’ils le pouvaient, ils passaient un disque  vinyl ou une bande magnétique voire, mieux, ils faisaient venir des musiciens à la maison, souvent, notre jeune  voisin accordéoniste de talent. Quand je pense à mon enfance, je vois des lumières et j’entends les rires de mes parents et de leurs amis... et l’accordéon. Ma première émotion esthétique, je l’ai vécue en entendant une petite formation tsigane, essentiellement composée de cordes, que des amis de mes parents avaient fait venir pour fêter la naissance de leur petit-enfant ; j’avais à peine 10 ans et j’en ai pleuré de joie.

Depuis, la musique est devenue un des grands amours de ma vie. Elle n’était pas un simple ornement de mon existence ; elle en exprimait l’essence. Ma seconde émotion esthétique a été Maria Callas, à l’âge de 15 ans. Pour moi, rien n’est plus à même d’exprimer la force de la vie que l’opéra et c’est pour cette raison que j’ai fait mien cet aphorisme de Nietzsche, « Sans la musique, la vie serait une erreur… »

Tout un univers sonore...

J’ai certes un peu pratiqué le chant, le hautbois, le piano mais je ne suis pas devenue une grande musicienne. Cependant, il n’est pas nécessaire d’être musicien aguerri pour être mélomane. Les hommes de ma vie ont été, dans des styles différents, des amoureux de la musique aussi.
Comme moi, mes enfants ont grandi dans un environnement imprégné de musique. Celle-ci est très présente  dans notre quotidien, soit que nous l’écoutions, soit que nous la pratiquions (à un niveau modeste mais dans le bonheur du partage), soit que nous en parlions. Mais la transmission de mon amour pour la musique ne se fait pas de manière intentionnelle et dirigée, consciente et volontaire. Je n’ai pas de projet eu égard à la musique pour mes enfants. Je ne leur impose pas une « éducation » ou une pratique musicales. Je n’utilise pas de CD d’éveil musical.
Simplement, nous écoutons la musique qui nous plaît, celle que nous voulons découvrir. La transmission se fait par imprégnation, de façon quasi inconsciente. C’est tout un univers sonore dans lequel ils baignent depuis leurs premières perceptions. Je me contente d’être ce que je suis, et en étant ce que je suis, ipso facto, la musique est là. C’est un élément naturel, comme l’eau pour un poisson, c’est un fluide vital comme l’air pour les animaux terrestres, c’est une nourriture sensorielle et affective comme les caresses que l’on donne à un enfant. Nos enfants vivent la musique au quotidien, au cours des repas, durant les tâches ménagères, dans la voiture.
Nous avons notre musique de petit-déjeuner, notre musique d’automne, notre musique « pantoufle » (quand nous sommes épuisés et que nous voulons juste nous blottir dans un cocon musical rassurant), etc. Quand nous écoutons de la musique, nous pouvons le faire distraitement, en faisant autre chose. Certains mémorisent et comprennent mieux ce qu’ils lisent s’ils le font dans un environnement musical quand d’autres sont dérangés. Mais souvent, nous écoutons activement une œuvre que nous avons choisie à la médiathèque musicale ou   achetée. Il va sans dire que David Bowie ou Charles Aznavour ont autant d’intérêt pour nous que Bela Bartok ou Richard Wagner, le blues ou Steve Reich. Nous nous installons comme d’autres le feraient pour regarder un film, et nous sommes attentifs à ce que nous entendons, captivés par ce que nous écoutons comme nous le serions par les images du film. Nous en parlons aussi beaucoup, passionnément. Nous discutons de ce que nous avons ressenti à l’écoute de tel ou tel disque. Nous sommes dans une démarche active mais spontanée de découverte et d’apprentissage. Nous essayons d’analyser l’œuvre. Nous partageons des éléments historiques qui nous   permettent de mieux comprendre l’importance d’un musicien, d’un compositeur. Nous comparons plusieurs interprétations d’une même œuvre et élisons nos favoris… Quand nous la pratiquons, nous le faisons en famille. Nous chantons des chansons tous les soirs à nos plus petits avant le coucher, cela fait partie du rituel, après la lecture de quelques livres. Nous chantons dans la voiture, dans le train, dans des chorales et des ensembles vocaux. Une vie tout en musique…

Une vie sans musique

Au détour d’une discussion sur la musique, j’ai découvert le point de vue suivant : si les parents donnent une culture musicale à leurs enfants, c’est bien ; s’ils n’en donnent pas, c’est tout aussi bien. Une culture peut passer par la musique ou pas. L’éveil musical, c’est politiquement correct, mais ce n’est pas indispensable. La vie sans musique, ça existe, ce n’est ni mieux, ni moins bien. Cette considération m’a laissée profondément perplexe. D’un côté, je suis d’accord qu’il ne faut pas vouloir à tout prix « éveiller », « éduquer » son enfant à un genre de musique qu’on n’écoute pas soi-même. Toute éducation qui n’est pas « authentique », au sens de Jean-Pierre Lepri2, a quelque chose d’aliénant. En revanche, « la vie sans musique », je n’y crois pas un seul instant. On ne connaît pas de culture, de société sans musique, où la musique n’est pas présente d’une manière ou d’une autre, où elle n’a pas une fonction ou une autre, d’agrément, de cohésion sociale, d’expression artistique ou de valeurs. Qui ne connaît pas Michael Jackson ou Mozart ? Ce sont des pièces majeures de notre culture. La musique est parfois l’objet d’une intention éducative, d’une transmission volontaire et organisée. Mais la plupart du temps, elle est là, sans même que l’on en ait conscience. La musique est un fait social universel. Et chacun transmet forcément une certaine culture musicale, que ce soient des œuvres de musique dite savante ou des chansons populaires ou encore des berceuses. L’enfant est naturellement éveillé musicalement. C’est cette imprégnation culturelle qui constitue le premier éveil musical de l’enfant. La musique, c’est la vie, impossible d’y échapper ; à la télé, dans la publicité ou dans les films, dans la rue, les couloirs du métro, sous la douche ou en endormant son enfant. Pas seulement le concerto pour la main gauche de Maurice Ravel, mais aussi les chansons d’Édith Piaf, d’Oum Kalthoum ou de Beyoncé, la musique des Beatles ou de NTM, des airs dont on ne connaît ni le titre, ni l’interprète, entendus dans une publicité pour des pâtes alimentaires, lors d’une fête d’anniversaire, chez des amis, etc. Tout cela est de la musique. Il est triste que des gens puissent penser que, lorsqu’ils écoutent leurs disques ou leur station de radio préférés, ils ne transmettent rien à leurs enfants, ils ne les éveillent pas musicalement.

L’éveil musical n’est pas forcément un temps à part, dans un lieu à part, avec un « expert » qui transmet des  contenus à part de l’environnement naturel des enfants. Si l’on pouvait comprendre que la musique est une force vive qui exprime l’humanité de mille manières, on pourrait l’aborder d’une manière plus libre et l’on cesserait de penser qu’il y a une « bonne » musique réservée à une élite. La musique est pour tous, universelle et  intemporelle. ◆

1 https://leportique.revues.org/212

2 http://education-authentique.org/ et lire Éducation authentique, à paraître aux éditions Myriadis en février 2017.


La qualité EST la quantité

extrait du Hors série 10

*extrait du hors série 10 : Education bienveillante

« Ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte », dit-on souvent. Par exemple, « il vaut mieux un seul ami fidèle et présent qu’une ribambelle de copains qui  disparaissent quand on en a besoin ». Ou encore, en matière de présence du parent auprès de l’enfant, « ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité ». C’est  probablement vrai dans de nombreux cas mais du point de vue de l’enfant, cette différence entre qualité et quantité n’a pas de sens. Pour l’enfant, la qualité est la quantité. »

Il est assez habituel de distinguer la quantité et la qualité comme deux valeurs opposées. Le point de  vue selon lequel la qualité a plus de valeur que la quantité prend le contrepied d’un point de vue, qui peut sembler naturel, selon lequel « plus (de nourriture, d’argent, de jouets, de vêtements, etc.), c’est mieux ». En effet, les  humains ont, semble t-il de tout temps, « naturellement » cherché à amasser des richesses matérielles. L’abondance est signe de puissance et de maîtrise. Toutefois, les plus anciens sages dénoncent la vanité de l’accumulation des biens matériels, jugeant que la richesse rend malheureux. Comme remède à l’insatisfaction persistante de celui qui amoncelle désespérément les possessions, ils proposent de privilégier la qualité : savourer l’instant présent, s’émerveiller des « petits riens », jouer avec ses enfants, rire avec ses amis… Et ils n’ont sans doute pas tort. Mais on peut difficilement imaginer pouvoir vivre ces expériences de qualité sans prendre le temps de les laisser advenir. Cette distinction entre quantité et qualité n’a sans doute plus de sens quand il s’agit de choses qui nécessitent du temps.  

Des besoins biologiques intenses

Du Paléolithique moyen aux temps modernes, les mères ont toujours « travaillé ». Mais ce qui caractérise notre époque et nos sociétés dites occidentales, c’est ce que les mères font de leur progéniture quand elles partent travailler. Confier son enfant à d’autres personnes, de façon quasi systématique, huit heures par jour voire plus, cinq jours par semaine, est une situation inédite dans l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui encore, dans certaines parties du monde, les femmes emmènent leurs enfants avec elles quand elles se rendent au « travail ». Si les femmes ont globalement salué la mise en place des structures de garde comme un outil de libération vis-à-vis de la « malédiction de leur condition biologique », beaucoup se sont retrouvées tiraillées par un sentiment de culpabilité face à une situation ressentie comme contrenature. Il ne s’agit pas là de la culpabilité induite par la culpabilisation souvent inconsciente d’une société encore profondément empreinte de l’idéologie patriarcale qui  assigne aux femmes une place bien étriquée auprès des enfants. Il s’agit bien plutôt du sentiment de déchirement viscéral que ressentent la majorité des mères qui déposent leur bébé tous les matins à la crèche ou chez  l’assistante maternelle ou leur bambin à l’école maternelle. Pour les enfants en revanche, les bébés notamment,  bien plus qu’un bouleversement psychologique, la séparation constitue un bouleversement biologique d’envergure. Confié en garde, le bébé n’est plus nourri de la même manière, il entre en contact pendant une  partie considérable de la journée avec un environnement bactérien non familier, à une période d’immaturité immunitaire, il n’est probablement pas porté et bercé autant qu’il le serait par ses parents, etc. En réalité, c’est également un bouleversement biologique pour les mères, notamment quand elles allaitent leur enfant ; les rythmes de production du lait changent, les séparations plus longues peuvent induire un retour de couches plus précoce, le climat hormonal se modifie signalant qu’une autre grossesse est possible (mais est-elle souhaitable  ?).

Les corps de la mère et du bébé forment un écosystème cohérent, ils ont besoin l’un de l’autre, pas seulement quelques heures par jour car quelques heures ne suffisent pas au maintien des rythmes biologiques de la dyade mère-enfant ; ils ont besoin de beaucoup de temps ensemble… Que serait un allaitement sans une bonne quantité de temps à offrir à son enfant et à son propre corps ? Allaiter, ce n’est pas seulement nourrir ; c’est une fonction biologique bien plus globale.

L’allaitement constitue une part importante du dispositif immunitaire de l’enfant, pas seulement parce que le lait  contient des anticorps, mais aussi parce que le contact physique qu’il induit favorise un climat biochimique qui  améliore l’immunité. Ce contact physique permet de réguler bien d’autres constantes biologiques de l’enfant, en plus de répondre adéquatement à son besoin vital d’affection. La plupart des bébés ont besoin de téter souvent les premières semaines pour stimuler la lactation de leur mère et leur propre croissance. Que signifierait une recommandation du type « mieux vaut des tétées de qualité que des tétées en quantité » ? Tout simplement la ruine de la lactation de la mère et la fin de l’allaitement… En réalité, ce qui vaut pour l’allaitement vaut en général quand on élève des enfants. Les neurosciences et, avant elles, la théorie de l’attachement nous aident à mieux comprendre le besoin intense et vital de relations affectueuses stables et assidues des enfants.  

Une distinction artificielle et absurde

Les corps savent sans doute tout cela, mais pas les intellects qui cherchent des justifications aux idéologies qui les dominent. C’est ainsi qu’est né le mythe de la qualité de présence parentale comme supérieure à sa quantité. Nous nous sommes convaincus qu’il valait mieux passer peu de temps avec nos enfants, mais un temps de qualité, que beaucoup de temps, ce qui pourrait même prétendument être source de tensions et de conflits. Il fallait bien rassurer les mères… Mais les bébés et les enfants ne sont pas dupes, eux. Et surtout, le manque de relations affectueuses s’inscrit dans leur corps et dans leur psyché ; leur développement physique et psychique est étroitement corrélé à la quantité de soins reçus. De leur point de vue, la qualité de présence, c’est la quantité   de présence, précisément, ce qu’on pourrait appeler la disponibilité.

C’est dans la disponibilité que la qualité peut se développer. Comme l’affirme la journaliste Anne Sinclair 1, « il ne peut pas y avoir de qualité s’il n’y a pas quantité. Vous n’êtes pas immédiatement [et j’ajouterais, entièrement] disponible cinq minutes par jour ; c’est si vous êtes disponible pendant une heure que vous aurez cinq minutes de vraie qualité. » Les enfants n’ont bien sûr pas toujours besoin d’une disponibilité active ; ils ont juste besoin que leurs parents soient « à disposition » et ils ont besoin de temps pour exprimer à leurs parents qui ils sont. Ce  n’est pas en levant la tête vers le ciel nocturne cinq minutes dans une position inconfortable qu’on pourra apercevoir une étoile filante ; mais si on s’allonge confortablement et longuement sous la voûte céleste, on en apercevra plusieurs et nos yeux, peu à peu accoutumés à l’obscurité, commenceraient à distinguer des étoiles qu’ils n’auraient jamais pu appréhender en quelques instants furtifs d’observation.

De la même manière, on ne peut pas connaître ses enfants, et donc répondre adéquatement à leurs besoins, si on ne prend pas le temps de les admirer. Nous sommes malheureusement conditionnés à accepter un état de restriction quasi permanent, ce dès la naissance, dans un état de manque de relations humaines chaleureuses chronique. Or le bonheur et la plénitude sont irréalisables sans abondance de câlins, de mots d’amour, de présence, de disponibilité. Comment avons-nous pu nous laisser convaincre du contraire ? ◆

1 Télé Obs, 29 avril 1994

CHANGER L'IMAGE DES MATHÉMATIQUES

Entretien avec Mickaël Launay



Si vous n'avez pas encore vu une vidéo de la chaîne Youtube Micmaths¹, nous vous  encourageons vivement à découvrir les mathématiques selon Mickaël Launay avec, par exemple, « La face cachée des tables de multiplication » ou la série des vidéos sur la quatrième dimension.
Mickaël Launay n'a pas son pareil pour clarifier des problèmes mathématiques complexes ou pour présenter sous un jour inédit et surprenant des concepts dont on croyait avoir fait le tour ; et cela, toujours dans un esprit ludique.
Ce talent naturel et un enthousiasme communicatif ont fait le succès de ses vidéos et, d'une manière générale, de son activité de médiation scientifique dont le but n'est rien  moins que changer l'image que l'on se fait habituellement des mathématiques comme une « matière » fastidieuse et abhorrée. Le chercheur en neurosciences Idriss Aberkane² qualifie ses vidéos de « gastronomie trois étoiles » de l'enseignement des mathématiques.
Dans le cadre de notre dossier, nous ne pouvions pas ne pas  questionner le vulgarisateur de génie qu'est Mickael Launay sur son expérience, aussi exigeante que créative et divertissante, de diffusion grand public de la culture  mathématique.

Grandir Autrement : À l'école, les mathématiques semblent fortement liées au langage et à l'explicitation.  On m'a rapporté une affirmation d'un professeur de mathématiques de secondaire : « Les maths, c'est du français   ! Si vous voulez être bons en maths, soyez bons en français ! » La formule est sans doute  caricaturale mais on ne peut nier cette dimension verbale et écrite des mathématiques. Est-ce cela qui  bloque les enfants à l'école ? Sinon, quels sont, selon vous, les principaux blocages des enfants (et de leurs parents !) pour appréhender les mathématiques ?

Mickaël Launay  : Je ne suis qu'à moitié d'accord sur le parallèle entre les maths et le français. S'il y a sans  doute des points communs, il y a aussi des points de divergence assez forts entre les deux disciplines. En tant que science, les mathématiques ont une objectivité que le français n'a pas. Pourquoi le mot « hibou » prend-il un « x » au pluriel ? Il n'y a pas spécialement de raisons logiques à invoquer, ce n'est qu'une convention qui aurait pu être différente. Si on demande en revanche pourquoi il n'est pas possible de diviser un nombre par 0, cette fois, il y a des raisons objectives, il est possible de l'expliquer et de le comprendre. Il existe de nombreuses langues différentes et un même mot ne va pas s'écrire de la même manière d'un pays à l'autre alors que 2+2 sera toujours égal à 4 où que vous vous trouviez sur la planète. Au fil de l'histoire, les mathématiciens ont inventé un langage et une écriture spécifiques pour les mathématiques (avec des symboles comme +, x, ω, etc.), mais il ne  faut pas confondre contenu et contenant. Faire des mathématiques, c'est avant tout comprendre des concepts, jongler avec des idées. À peu près à tous les niveaux du système scolaire, on trouve des enfants qui apprennent les règles mathématiques comme des règles de français, et à mon avis, c'est très dommageable. Je me souviens avoir rencontré un prof de maths qui pour faire une blague à ses élèves (des 6è si je me souviens bien) leur avait annoncé au début d'un cours que suite à une réforme des programmes, l'aire du triangle était désormais égale à (base x hauteur)/3 (et non plus (base x hauteur)/2 !). Quelques élèves avaient timidement exprimé une certaine incompréhension, mais beaucoup d'autres ont noté la nouvelle formule sans en être particulièrement émus. C'est assez édifiant de voir que, pour ces élèves, les mathématiques peuvent être réformées comme on réforme l'orthographe. En maths, il est avant tout important de comprendre le sens de ce que l'on fait et, malheureusement, non seulement ce sens échappe à de nombreux élèves, mais, en plus, certains ne semblent même pas réaliser que les maths peuvent avoir un sens. 


•De toute façon, les mathématiques écrites ne sont que la face émergée de l'iceberg. Avant la  formalisation et l'explicitation écrite du raisonnement, il y a l'intuition, la réflexion, la conception d'hypothèses que l'on teste et qui peuvent être des fausses pistes, les rectifications, les approximations, les errements, les erreurs, qui font des mathématiques une activité vivante. Il n'est pas évident qu'on apprenne aux enfants à réfléchir vraiment (ni qu'on les autorise à avoir la « bonne réponse » sans utiliser la méthode apprise en classe !). On semble leur demander au contraire d'appliquer des procédures  mécaniques (algorithmes, méthodes).

Oui, ce qui est important en maths (et en science en général), c'est avant tout la démarche. Comment, en partant des données, on formule des hypothèses, on les teste, on les affie, on se trompe, on reformule, puis on démontre rigoureusement pour obtenir un résultat de la fiabilité duquel on est certain. Je crois que ceci est plus important que le contenu même de ce que l'on apprend. Parce que, franchement, une grosse partie de ce que l'on apprend au collège et au lycée est d'une parfaite inutilité dans la vie de tous les jours et dans la plupart des métiers.
L'important, ce n'est pas de savoir résoudre tel ou tel type d'équation, mais de comprendre la méthode et d'apprendre à réfléchir. 

•De nos jours, on commence à enseigner les mathématiques de plus en plus tôt, en maternelle même. D'un enfant qui apprend à comparer deux quantités, on dit qu'il fait des maths. Et pour dédramatiser une situation de blocage mathématique, souvent, on explique à un enfant (et à ses parents) qu'une situation typique du quotidien comme effectuer des partages équitables de tarte, c'est en fait des maths. Or partager une tarte en trois, c'est juste partager une tarte en trois. Est-ce vraiment une « bonne » façon d'expliquer ce que sont les maths ? Et si vous deviez expliquer à un enfant de, mettons, 7 ou 10 ans ce que sont les maths, comment vous y prendriez-vous ?

Les maths sont la science des objets abstraits. Et ça, il est possible de l'expliquer très tôt aux enfants. Il ne faut pas confondre le nombre 3 avec trois pommes ou trois crayons, le nombre 3 n'existe pas dans la réalité physique. Les enfants adorent ça.! Ils ont beaucoup d'imagination et c'est quelque chose de très jubilatoire pour eux de manipuler des concepts qui n'existent que dans leur tête, un peu comme des personnages de contes. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas de matériel. Les objets sont très utiles pour fixer sa pensée : on peut représenter le nombre 3 avec des pommes comme on peut représenter un château fort avec une boîte en carton. De même en géométrie quand on leur explique qu'une droite n'a pas d'épaisseur et se prolonge à l'infini. Quand on trace «.une droite.» à la règle, ce n'est qu'une approximation d'une idéalité qui, encore une fois, n'existe que dans nos cerveaux.
Dans le fond, l'abstraction fait plus peur aux adultes qu'aux enfants. J'aime bien faire le parallèle avec  l'apprentissage des langues étrangères. À peu près tout le monde est d'accord pour dire que plus un enfant apprend une langue jeune, plus il apprend vite et efficacement. Pour les maths, en revanche, si on constate que des enfants de 10 ans ont des difficultés avec une notion, on a tendance à dire «.ils sont trop jeunes, il faudrait apprendre ça un peu plus tard.». Je pense que c'est une erreur. Bien souvent, les concepts mathématiques gagneraient à être appris plus tôt. 

•Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la médiation en mathématiques et surtout  de proposer vos formidables vidéos ?

Quand j'étais au lycée, un prof de maths organisait tous les lundis un club de jeux mathématiques. Je suis tombé dedans à cette époque et je n'en suis plus sorti. Cela fait maintenant plus de quinze ans que je fais de la  médiation. Au début, ce n'était que sur mon temps libre et puis, quand j'ai eu fini mes études, j'ai décidé d'en faire mon métier. Quand j'ai commencé mes vidéos en 2013, je ne me doutais pas de l'ampleur que ça allait prendre, ce n'était qu'une façon de diffuser la culture mathématique parmi tant d'autres. Les thèmes que je propose dans les vidéos, je les ai souvent testés avant face à un « vrai » public. Ça me permet de me rôder et de mieux appréhender la façon dont les gens qui vont me voir sur Internet vont recevoir ce que je dis. 

•Aujourd'hui, animez-vous des ateliers auprès d'enfants ? Si oui, quels âges et que proposez-vous en général               ?

J'aime beaucoup varier les âges et les types d'atelier. J'en fais de la maternelle jusqu'au lycée et dans différents contextes. Certains sont en classe, avec les profs, d'autres sont des ateliers périscolaires. Ce que j'aime  particulièrement quand je vais devant une classe, c'est ne rien préparer et improviser en fonction des questions des jeunes. Au début, ils sont souvent un peu timides et puis assez rapidement, ça se met à fuser. C'est très rassurant finalement, les enfants et les ados ont une curiosité naturelle. Ils ont envie d'apprendre des choses, mais c'est évidemment bien plus efficace quand cela vient d'eux. 

•Les « maths ludiques », est-ce que c'est «sérieux  » (pourrait demander un parent dubitatif)  ?

Et si ça ne l'était pas, est-ce que ce serait grave.? C'est une idée qui est assez insidieusement cachée dans notre culture que les choses doivent être sérieuses, graves, voire sinistres pour avoir de la valeur. Et surtout, qu'il faut souffrir en travaillant, sinon il n'y a pas de mérite ! Le jeu est un mode d'apprentissage très naturel et très efficace. D'ailleurs la majorité des mathématiciens pratiquent leur discipline comme un jeu. Je crois que beaucoup de grands savants n'étaient pas des gens sérieux. 

•Si vous étiez professeur de maths en collège, comment expliqueriez-vous ce qu'est le calcul littéral aux élèves (premier grand moment de perplexité pour les enfants dans leur « carrière » d'élève)? Et au lycée, la notion de fonction (second moment de perplexité) ?

Le calcul littéral n'est né qu'à la Renaissance avec le mathématicien français François Viète. Auparavant, les  maths étaient écrites dans le langage courant, c'est ce que l'on appelle l'algèbre rhétorique. À cette époque, une équation pouvait ressembler à ça.: «.À mon nombre, j'ai ajouté trois et j'ai trouvé sept. Combien vaut mon  nombre ?». Je pense qu'il est utile avec les enfants de commencer à poser les équations de cette manière. Et puis peu à peu, on va pouvoir abréger ces notations. Souvent, l'idée d'abréger va même venir des enfants eux-mêmes. Parce que c'est vraiment pénible d'écrire à chaque fois une phrase entière par équation. Alors, peu à peu, on va commencer à écrire « Le nombre  cherché plus 3 égale 7 », et puis « Nombre + 3 = 7 », et puis « Nb +  3 = 7 », et puis « x+3=7 ». Il ne faut pas que ça se fasse trop vite. Il peut y avoir plusieurs semaines, voire  plusieurs mois entre chacune de ces étapes. De cette façon, les abréviations du calcul littéral sont vécues comme un soulagement par les enfants et sont adoptées très naturellement. Pour les fonctions, comme je le disais auparavant, cela fait à mon avis partie des notions qui gagneraient à être abordées beaucoup plus tôt. Dès 6/7 ans, il est possible d'en parler. Il y a un jeu que j'aime beaucoup : un enfant pense à une fonction. Les autres doivent deviner la fonction en lui posant des questions du type «.Que donne ta fonction si on lui donne un 7 ? » Réponse.: « Elle donne un 8 ». « Et si on lui donne un 3 ? » Réponse.: « Elle donne un 4 », etc. Les enfants finissent par deviner que cette fonction fait « plus 1 », puis un autre enfant imagine une autre fonction et la fait deviner à son tour. Ce jeu permet aux enfants de manipuler les nombres qu'ils sont en train de découvrir et cela fait travailler leur imagination, car ils cherchent à inventer des fonctions toujours plus originales. Et bien souvent, ils nous surprennent ! Je me souviens d'un enfant (en CM1 si je me rappelle bien) qui avait pensé à la fonction qui renverse les nombres : 6 devient 9, 8 reste 8... Il avait été bien embêté quand un camarade lui avait demandé ce que donnait la fonction pour 3. Ça a été l'occasion de dire que les fonctions peuvent avoir un « domaine de définition » et ne marchent pas forcément pour tous les nombres. Ce jeu peut les accompagner sur plusieurs années à mesure qu'ils découvrent de nouveaux nombres et de nouvelles opérations.
Cela peut même rattraper le calcul littéral. Un enfant pense à la fonction qui fait « plus 1 » puis « multiplié par 2 »  et un autre prétend avoir deviné qu'il s'agit de la fonction qui fait « multiplié par 2 » puis « plus 2 ». On se rend compte que ces deux fonctions ont l'air de toujours donner le même résultat, alors on essaye de l'expliquer et on finit par trouver l'identité 2(x+1) = 2x+2 qui est vraie pour tout nombre x. Alors on se met d'accord sur le fait qu'il s'agit bien de la même fonction et que la réponse est bonne.

1 https://www.youtube.com/micmaths
2 Voir l'article « Déguster des mathématiques – Entretien avec Idriss Aberkane » p. 21-22-23.

Extrait du numéro 61 de novembre/décembre 2016

Le syndrome de KISS



Dans mon livre sur les pleurs des bébés1, j’écris à un moment que face à un bébé dont on  j’arrive pas à apaiser les pleurs, « plutôt que de dire comme certains que c’est sans doute que le bébé a “besoin de pleurer”, il serait alors plus juste de se dire – et de dire au bébé – qu’on n’a pas trouvé pourquoi il pleure, qu’on est vraiment désolé pour lui et qu’on espère qu’il va aller mieux bientôt…»

Selon moi, un bébé qui pleure est un bébé qui exprime un besoin (faim, froid, chaud, besoin d’affection, etc.) ou qui ne va pas bien, pour une raison ou pour une autre. Ses pleurs sont un appel à l’aide : s’il vous plaît, faites en sorte que la cause de ma souffrance, de mon mal-être, disparaisse ! Et combien de fois cet appel à l’aide ne rencontre pas de réponse ? Si ce n’est «ça va passer», «les bébés pleurent, c’est normal», «il a besoin de décharger»…
Combien de bébés ont pleuré des jours avant qu’on s’aperçoive qu’ils souffraient d’une otite ? Combien ont souffert pendant des mois de reflux gastro-œsophagien (RGO) non diagnostiqué (allant parfois jusqu’à la terrible œsophagite)?
Tout récemment, j’ai découvert un syndrome encore trop peu connu et qui peut engendrer des souffrances jusqu’à l’âge adulte : le syndrome de KISS2.

De quoi s’agit-il ?

Le syndrome de KISS est causé par « un blocage de la jonction crânienne, entraînant des tensions en permanence dans le corps qui peuvent se traduire par des perturbations de la symétrie (un oeil plus petit  ou plus enfoncé que l'autre, une mâchoire plus proéminente que l'autre, corps en inclinaison, en forme de C, tête penchée, hyper-extension de la tête...) et des difficultés d’ordre nerveux et/ou digestif 3.»
Parmi les symptômes possibles, on trouve : tête bloquée d’un côté, corps en forme de virgule, pleurs fréquents, bébé aux besoins intenses (ou à l’inverse, bébé très/trop « tranquille ») et, conséquence de tout cela, parents épuisés, démunis, perdus, incompris, en burn-out, au bord de la crise de nerfs.
D’après Heiner Biedermann, le médecin allemand qui a identifié le syndrome, cela pourrait concerner jusqu’à 5 % des nouveau-nés.

Bébés aux besoins intenses    ?

Personnellement, le concept de « bébé aux besoins intenses » (BABI) m’a toujours un peu gênée. N’est-ce pas souvent une façon de coller une étiquette sur le bébé en cachant le fait qu’on ne sait pas vraiment pourquoi il est ainsi, si demandeur, pleurant beaucoup quoi qu’on fasse ?
Un certain nombre de ces « BABI » ne seraient-ils pas en fait des bébés KISS ?
En tout cas, Nela témoigne en ce sens4 : « Très tôt, on m'a parlé de bébé aux besoins intenses. L'écharpe à laquelle je tenais tant n'a servi que peu de fois, j'ai dû ruser et saucissonner mon  fils dans un mei-tai si je voulais le porter, mais il s'arquait toujours en arrière et la tête penchée du même côté. J'ai songé à un RGO, aux coliques, aux allergies... Mais aucune des pistes envisagées ne correspondaient à mon bébé. [Grâce au traitement, certains] symptômes disparaissaient, et je me disais que j'avais un BABI qui dormait peu et était très tendu. Après tout, d'autres mamans décrivent leur bébé comme cela... C'est  après un burn-out causé principalement par presque deux ans de nuits inexistantes qu'on m'a parlé du syndrome de KISS. »

Attention quand même à ne pas, tout d’un coup, « voir des KISS partout » ! Il s’agit d’un syndrome bien précis, à faire diagnostiquer – et éventuellement traiter – par des praticiens expérimentés. Mais quand c’est bien le cas, le soulagement (pour les parents comme pour l’enfant) est au bout du chemin. Non, l’enfant ne pleurait pas « parce qu’il avait besoin de décharger » !

1 Ne pleure plus bébé !, Éditions Jouvence (2008). /
2 KISS est une acronyme pour « Kopfgelenk induzierte Symmetrie Störungen » qui signifie « Perturbations de la symétrie induites par les articulations de la jonction crânio-cervicale ». /
3
Voir l’article sur le site de La Leche League : http://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/situations-particulieres/1828-une-cause-de-souffrances-meconnue-le-syndrome-de-kiss /
4
Ibid.


Grandir Autrement fête la semaine mondiale de l'allaitement maternel

-->Extrait du numéro 57 de mars-avril 2007 : Allaiter enceinte : une aventure pleine d'imprévus

--> Extrait du numéro 55 de novembre-décembre 2015 : Allaitement : quand tout ne coule pas de source

-->Extrait du numéro 60 de septembre-octobre 2016 : Breastsleeping : Le sommeil des bébés allaités

->Extrait du numéro 56 de janvier/février 2016 : L'allaitement passés deux ans, une expérience contrastée

->Dossier du numéro 38 de janvier/février 2013 : Concilier maternité et travail 

->Extrait du Hors série 8 de décembre 2014 : Faut-il se préparer à allaiter ?

->Extrait du numéro 51 de mars/avril 2015 : A tâtons : L'allaitement a petits pas

->Extrait du numéro 44 de janvier/février 2014 : Allaitement et santé des femmes : le bébé est bon pour le sein !

->Extrait du Hors série 8 de décembre 2014 : Les dix conditions de l'OMS pour le succès de l'allaitement maternel

->Extrait du numéro 46 de mai/juin 2014 : L'impact écologique de l'allaitement

->Extrait du numéro 53 de mars/avril 2015 : L’allaitement quand il dure

->Extrait du numéro 43 de novembre/décembre 2013 : Allaitement au long cours et sevrage naturel

->Extrait du numéro 48 de septembre/octobre 2014 : Pour en finir avec le concept de sevrage

->Extrait du numéro 41 de juillet/août 2013 : Allaiter des jumeaux, ça peut être simple

->Extrait du numéro 38 de janvier/février 2013 : De la succion intra-utérine à l'allaitement : un continuum?

->Extrait du numéro 48 de septembre/octobre 2014 : Allaiter en public, un comportement obscène ?

->Extrait du numéro 41 de juillet/août 2013 :Le partage du sein


Allaiter enceinte : une aventure pleine d'imprévus

extrait du numéro 57 de mars-avril 2007

Que celle-ci ait été programmée ou non, il arrive qu’une nouvelle grossesse s’annonce chez une mère qui allaite encore. Si certains enfants se sèvrent alors assez rapidement, notamment à cause du changement de goût du lait ou d’une baisse de la lactation, d’autres continuent à téter plus longtemps, voire tout au long de la grossesse et même au-delà1. Comment poursuivre alors au mieux l’allaitement durant cette période ?

Avant d’aborder les aspects pratiques, passons en revue les craintes le plus souvent exprimées au sujet de l’allaitement pendant la grossesse. L’allaitement risque-t-il de priver le fœtus de nutriments  indispensables à son bon développement ? La réponse est non, à condition, bien sûr, que sa mère veille à avoir une alimentation variée et équilibrée et qu’elle se repose suffisamment2. Conditions valables  également pour écarter une autre crainte fréquemment évoquée, concernant la mère cette fois : allaiter enceinte ne risque-il pas de fatiguer celle-ci plus que de raison ? Là encore, le bon sens semble nous apporter une réponse évidente. Ainsi, Julie G., dont la fille de 2 ans et demi tétait encore beaucoup lorsqu’elle est tombée enceinte, explique avoir « décidé de supprimer la tétée de 2 heures du matin, par peur de la fatigue. Cela a été dur les trois premiers jours, mais ma fille a accepté et, en un mois, elle a arrêté spontanément aussi la tétée de 5 heures. Comme j’ai effectivement été très fatiguée, j’ai pris avec plaisir ce surcroît de sommeil ! » La fatigue peut aussi se faire sentir lorsque le bambin devient soudain plus demandeur, ainsi qu’en témoigne Marie, dont la fille avait 17 mois lorsqu’elle a découvert qu’elle était enceinte : « Le premier trimestre, j’étais épuisée. Par la grossesse, bien sûr, mais aussi par le fait que ma fille ne voulait que moi tout le temps et me sollicitait beaucoup. »

Une question qui revient souvent également est de savoir si la poursuite de l’allaitement peut augmenter le risque de fausse couche en raison des effets de la stimulation des mamelons sur l’utérus. Là encore, la réponse est non, dans le cas d’une grossesse normale en tout cas. Les contractions éventuellement induites par la stimulation des mamelons ne risquent pas de provoquer l’accouchement, du moins pas avant le terme, moment à partir duquel le corps lève les garde-fous mis en place jusque-là pour bloquer les effets produits par cette stimulation3.

Enfin, une autre idée répandue, qui concerne cette fois l’enfant allaité, est que le lait deviendrait « mauvais » pour lui pendant la grossesse. Bien sûr, il n’en est rien. Le lait maternel demeure une excellente source de protéines, graisses, calcium et vitamines pour l’enfant, d’autant que celui-ci est généralement déjà passé à une alimentation solide et diversifiée qui lui apporte aussi les nutriments dont il a besoin. En outre, le lait maternel permet à l’enfant de continuer à bénéficier de ses facteurs immunologiques, sans compter,  évidemment, les bienfaits psychologiques de l’allaitement (réponse au besoin de succion, réconfort, plaisir) dont on ne saurait minimiser les effets sur le bambin au cours de la grossesse.

Des motifs pouvant aboutir à un sevrage non programmé
Une fois écartées les fausses raisons de précipiter le sevrage, voyons comment les choses se déroulent (le plus souvent) concrètement pour les mères qui décident de poursuivre l’allaitement pendant leur grossesse.
Tout d’abord, il faut avoir en tête que, même lorsqu’on est fermement décidée à continuer à allaiter, certaines sensations ou certaines réalités, bien indépendantes de notre volonté, peuvent induire un sevrage. Mieux vaut donc être préparée à cette éventualité, autant qu’à celle de poursuivre l’allaitement jusqu’au bout !
Une étude réalisée auprès de 503 mères qui se sont retrouvées enceintes alors qu’elles allaitaient toujours a révélé que 66 % d’entre elles ont sevré leur enfant en cours de grossesse4. Les raisons le plus souvent invoquées sont le changement de goût du lait, une baisse de la lactation, une sensibilité accrue des mamelons pouvant aller jusqu’à une douleur intolérable et un changement d’humeur chez la mère provoquant malaise et irritation au moment des tétées et pouvant même s’accompagner d’un sentiment de rejet vis-à-vis de l’enfant.
Néanmoins, il est important de noter que, dans cette étude, 44 % des enfants avaient 2 ans ou plus au moment où a débuté la grossesse. Par conséquent, il est probable que, même en l’absence de grossesse, beaucoup se seraient spontanément sevrés au cours de la même période.

Lorsque le lait change
Le changement de goût du lait survient souvent très tôt, parfois même avant que la mère n’ait connaissance de sa grossesse, ainsi qu’en témoigne Marie : « J’ai la certitude que ma fille a su avant moi que j’étais enceinte (changement de goût du lait ?) car son attitude a brusquement changé à ce moment-là. » Ou encore Anne-Sophie : « Tout d’abord, mon petit garçon a dû s’habituer au nouveau goût du lait. Il continua néanmoins à téter tout en disant “pas bon lait”. » Mais tous les enfants ne semblent pas dérangés par ce changement. « J’ai demandé à mon fils si le goût du lait avait changé, il m’a répondu que non et il n’a jamais montré de signes allant dans ce sens. Il est toujours aussi fan de ses “nénés” ! », confie Stéphanie.
La baisse de lactation, généralement observée au cours du second trimestre de la grossesse, ne décourage pas davantage les bambins encore très accros aux tétées. Nombreuses sont les mamans qui font alors l’expérience des tétées « à vide ». Celles-ci peuvent néanmoins se révéler douloureuses et aboutir à un sevrage, ou au moins à un espacement des tétées, ainsi qu’en témoigne Nathalie : « Ma lactation a commencé à baisser, même si ma fille disait qu’il y avait toujours autant de lait, elle augmentait peu à peu la part des solides dans son alimentation. Les tétées devenant désagréables pour moi, nous avons d’un commun accord conservé une tétée câlin le soir avant qu’elle aille se coucher. »

Des sensations difficiles à appréhender
Il arrive que l’allaitement, en cours de grossesse, s’accompagne de sensations désagréables : une sensibilité accrue des mamelons, qui va parfois grandissant, jusqu’à devenir insupportable ou un changement d’humeur se traduisant par une certaine irritation à l’encontre de l’enfant qui tète. Certaines mères décident de « tenir bon » et de continuer malgré tout, même si cela leur coûte. Pour d’autres, c’est le signal qu’il est temps d’initier un sevrage. Elles cherchent alors les moyens de le faire en douceur.
Nathalie raconte : « J’ai fait l’effort de continuer le plus longtemps possible mais, certains soirs, un  sentiment de rejet commençait à se faire sentir, la tétée m’agaçait. J’ai demandé à ma fille d’arrêter de téter en lui expliquant que cela commençait à me faire mal, que ce n’était pas de sa faute mais que, pour continuer à téter, il fallait que ce soit agréable pour nous deux. Elle a pleuré mais n’a pas demandé à téter les jours suivants. Elle disait qu’elle pourrait téter quand sa sœur serait là mais elle a finalement été peu demandeuse après la naissance. Je regrette d’avoir été obligée de lui demander d’arrêter, mais continuer à allaiter avec ce sentiment de rejet et ces sensations désagréables n’était plus possible pour moi. J’ai  préféré qu’on arrête là et qu’on ne garde que de bons souvenirs. »
Céline s’est sentie apaisée, et il lui a semblé que sa fille aussi vivait les choses plus sereinement, lorsqu’elle a été au clair avec sa décision d’arrêter l’allaitement : « J’étais beaucoup plus à l’écoute de ses émotions lorsqu’elle me demandait le sein, et plus calme pour lui expliquer que non, c’était fini parce que ça me faisait trop mal et qu’il n’y avait plus de lait. Elle a bien sûr redemandé quelques fois, mais pas tant que ça, et sans se mettre dans des colères noires comme avant. »

Des revirements inattendus
Il arrive aussi qu’un allaitement suspendu ou qui se raréfie tellement qu’on le croit sur le point de se terminer soit réactivé alors qu’on ne s’y attendait plus. Tout d’abord, les sensations désagréables éprouvées par la femme enceinte ne sont parfois que passagères et peuvent ensuite céder la place à une période beaucoup plus sereine, ainsi qu’en témoigne Bettina : « J’avais par moments de petites douleurs comme des pics dans les seins pendant les tétées et l’envie d’enlever mon fils du sein. On a donc diminué les tétées. Je préférais que ce moment reste agréable pour nous deux plutôt que de faire la grimace, car mon enfant le ressentait. Puis, vers 3-4 mois de grossesse, c’était super, je n’avais plus aucune douleur, mon fils prenait le sein cinq ou six fois par jour et l’allaitement et la grossesse se combinaient très bien. »
En outre, un allaitement qui diminue en cours de grossesse se voit parfois relancé à la faveur d’une maladie de l’enfant, qui se tourne alors de nouveau vers le sein. Un épisode que nous relate Julie G., pour qui les tétées, encore très nombreuses en début de grossesse, s’étaient fortement espacées quand sa fille est tombée malade : « Un rhume, suivi d’une gastro : ce fut sa plus longue maladie depuis sa naissance (dix jours au total). Je pense d’ailleurs que c’est lié au fait qu’elle avait un apport en lait maternel moins important et donc qu’elle ne bénéficiait plus autant de ma couverture immunitaire. Elle s’est alors remise à téter de plus belle. Mon lait était le seul aliment qu’elle ne vomissait pas. J’ai été bien contente de pouvoir lui proposer cela ! J’avais mal en début de tétée, mais j’avais l’impression de pouvoir vraiment aider ma fille et c’est un sentiment très réconfortant. »

Vers un co-allaitement ?
La patience, l’écoute et les ajustements parfois nécessaires tout au long de la grossesse ne sont pas vains, ainsi qu’en témoigne Anne-Sophie : « Mon fils a tenu bon pendant neuf longs mois. Lorsque sa petite sœur est arrivée, il était heureux mais ne comprenait pas pourquoi je n’avais toujours pas de lait comme avant. Un matin que le bébé était en train de téter, je lui ai demandé si lui aussi voulait téter. Bien sûr, il ne refusa pas. Le superbe sourire, l’éclat de rire le lait plein la bouche resteront à jamais marqués dans mes souvenirs. Mon petit garçon avait de nouveau le droit à son lait après toute cette attente. »
Certains enfants, qui s’étaient sevrés en cours de grossesse, se remettent à téter spontanément après la naissance de leur petit frère ou de leur petite sœur, ce qui peut d’ailleurs représenter un véritable soulagement pour la maman au moment de la montée de lait. Le « grand » lui permet d’éviter les engorgements lorsque le nouveau-né ne tète pas suffisamment pour absorber un flux de lait abondant. Il peut aussi aider à lancer la lactation quand la montée de lait tarde à arriver. C’est ce qu’a vécu Laura : « Je songe toujours avec un petit sourire au fait que, grâce à Amélia, le lait est monté très vite après la naissance de Keenan (vingt-quatre heures à peine malgré la césarienne !). Keenan profitait bien de cette grande sœur gourmande qui entretenait la lactation et qui, probablement, générait un lait plus abondant. Tellement abondant que j’en avais assez pour deux enfants... et le lactarium ! »
Comme toujours en matière d’allaitement, rien n’est figé. Rester à l’écoute de ses propres sensations tout en tenant compte des besoins exprimés par l’enfant est le plus sûr moyen de s’adapter et de faire évoluer cette relation tout au long de la grossesse. De quoi se fabriquer de jolis souvenirs, ainsi qu'en témoigne Julie P., dont l'aînée avait 7 mois lorsque s'est annoncé son deuxième enfant : « Je suis heureuse qu'elle ait continué à téter tout le long. C'était encore notre nouveau-né après tout ! On a dû inventer d'autres positions pour qu'elle soit confortable et mon ventre rond aussi. J'ai adoré quand le bébé venait se lover sous ma peau pour se réchauffer près de sa grande sœur qui rigolait quand il la bousculait un peu ! »

 

1 Voir l’article « Le partage du sein » dans le n° 41 de Grandir Autrement.

2 Voir, par exemple, « Maternal and fetal responses to the stresses of lactation concurrent with  pregnancy and short recuperative intervals », Merchant, Martorell et Hasse, Am J Clin Nutr 52 : 280-88, 1990.

3 On peut notamment lire des informations (en anglais) à ce sujet dans le livre d’Hilary Flower,  Adventures in Tandem Nursing. Brestfeading During Pregnacy and Beyond, Éditions La Leche League International (2003).

4 « Breastfeeding during pregnancy in 503 women : does a psychobiological weaning  mechanism exist in humans ? », Newton, N. and _eotokatos, M., Emotion and Reproduction 1979:20B:845-49.

Allaitement : quand tout ne coule pas de source

extrait du numéro 55 de novembre-décembre 2015


 

L’allaitement est une histoire de lien entre la mère et son bébé : un lien lacté1 qui nourrit, un lien affectif qui rassure, un lien psychologique qui permet à la mère de se sentir encore plus utile en nourrissant son enfant grâce à son propre corps. Mais que devient ce lien lorsque l’allaitement est ou devient difficile?


À l’origine de l’allaitement, il y a une grossesse et un accouchement2 puis un bébé qui tète le sein de sa mère. Il y a également un papa et, plus largement, un entourage familial et médical, qui doivent soutenir et encourager la mère pour que l’allaitement réussisse.  

Se préparer à allaiter
On entend souvent que l’allaitement est « naturel ». « Naturel » ne veut pas dire simple à mettre  en route et à maintenir de façon adaptée. « Naturel » veut seulement dire que le corps de toutes les mères (sauf dans de rares cas) est programmé physiologiquement pendant la grossesse pour enclencher le phénomène de lactation. C’est une histoire d’hormones (l’ocytocine et la prolactine) qui permettent la production de lait chez la maman qui aura accouché et dont le bébé aura  compris comment téter efficacement pour démarrer et obtenir régulièrement et à la demande le lait dont il a besoin pour grandir.
Un certain nombre de paramètres sont donc essentiels pour que l’allaitement se déroule bien, idéalement le temps choisi par la mère et son bébé3. Si l’un de ces paramètres est perturbé,  l’allaitement ne coulera pas de source comme l’on aimerait. Cela peut alors, s’il n’y a pas d’aide et de soutien efficaces, devenir difficile à mener et à vivre au point que la mère peut décider d’arrêter d’allaiter plus tôt que ce qu’elle projetait initialement.
Sans vouloir faire peur à toutes les femmes (et leurs compagnons) qui envisagent une grossesse et se poseront la question « comment vais-je nourrir mon bébé ? », il nous semble important, et même essentiel, de prévenir (plutôt que guérir) les écueils que l’on peut rencontrer. La  prévention, qui consiste à savoir avant pour mieux se préparer, est un atout non négligeable pour favoriser un allaitement serein. Les difficultés rencontrées n’en seront que plus prévisibles et paraîtront moins insurmontables à une mère avertie. Les entretiens avec les sages-femmes au cours de la grossesse, les réunions des associations de soutien à l’allaitement, les consultations avec des spécialistes (consultantes en lactation notamment ou infirmières puéricultrices formées au soutien à l’allaitement) et les (bons) ouvrages et magazines sur la grossesse et l’allaitement seront des aides précieuses pour s’informer avant et pendant l’allaitement4.  

Les difficultés5
Une fin de grossesse et un accouchement difficiles (médicalisation importante, durée du travail,  intensité des douleurs) peuvent entraîner une moindre disposition et une grande fatigue de la mère ralentissant la mise en place de l’allaitement. Pratiquer le peau-à-peau et le cododo  permettent d’allier allaitement et repos, et cela à n’importe quel moment de l’histoire  d’allaitement.  

L’impossibilité d’une mise au sein précoce (dans les deux heures qui suivent la naissance),  qui est un facteur essentiel au bon démarrage de l’allaitement, n’aura pas de conséquence négative si l’on favorise les tétées fréquentes par la suite. Parfois, un tire-lait peut s’avérer utile quand la mère et le bébé sont séparés (prématurité, problème médical, etc.) ou quand  l’allaitement peine à démarrer. Augmenter la fréquence des tétées (même artificiellement avec le tire-lait) entraînera une augmentation de la production de lait car plus il y a demande de lait, plus le corps de la mère en produit. Le mythe du manque de lait reste tenace dans de nombreux esprits (souvent mal informés) alors qu’il est rarissime qu’une mère ne puisse pas nourrir son  bébé de son lait (même des jumeaux ou triplés) si tant est qu’elle y consacre le temps nécessaire.

Un bébé de petit poids, fatigué ou ayant besoin de soins aura moins de force pour téter et sera moins facilement en phase d’éveil calme pour téter et stimuler la lactation.
Des problèmes « mécaniques » (succion non efficace, position douloureuse, frein de langue, etc.) non repérés sont une autre cause courante d’une lactation qui stagne car la production de lait n’est pas assez stimulée pour augmenter en fonction des besoins du bébé.  

Souhaiter un rythme de tétées régulièrement espacées est peu cohérent avec la réalité  physiologique de la lactation et des besoins du bébé. Dans les premières semaines, un  nourrisson peut téter huit à douze fois par vingt-quatre heures voire plus (contrairement à un bébé nourri au biberon qui prendra six à huit repas par vingt-quatre heures).  

Une pathologie spécifique de l’allaitement freine et complique l’allaitement si elle n’est pas  prise en charge rapidement et résolue pour éviter douleurs et aggravation. On peut penser à l’engorgement (assez facilement soigné en augmentant la fréquence des tétées surtout pendant la montée de lait des troisième ou quatrième jour) ; aux crevasses que l’on guérit souvent en proposant une position plus adaptée du bébé et de la mère pendant les tétées ; au canal lactifère bouché (douloureux mais qui peut être débouché en changeant la position du bébé ou les vêtements qui pourraient comprimer le canal) ; à la mastite (qui peut être traitée tout en continuant d’allaiter pour faciliter le drainage de la zone inflammatoire et, surtout, empêcher la  survenue d’un abcès).  

La grève de tétée survient chez certains bébés qui refusent sans raison apparente de téter du jour au lendemain. Très déstabilisante pour la maman et le bébé, elle doit être distinguée du sevrage car elle n’est pas choisie mais subie par les deux, probablement à cause d’un stress, d’une angoisse ou d’un changement qui affecte le lien mère-enfant. De la patience, de la  confiance et de l’amour auront raison de cette grève qui ne dure généralement pas plus de quelques heures à quelques jours. Tirer son lait et le donner à la cuillère ou à la tasse (ou au biberon éventuellement mais avec précaution) tout en proposant au bébé de téter (quand il somnole et est plus détendu) permet à la maman de garder confiance en elle.  

S’occuper des autres enfants, de la maison, être disponible pour son conjoint, reprendre le  travail ou ses activités sont des périodes parfois génératrices de stress qui ralentissent l’allaitement et, dans certains cas, entraînent un sevrage. Il faut cependant donner une chance à son allaitement quand on ressent un épuisement psychologique quitte à prendre conseil afin de bien peser le pour et le contre d’un sevrage. L’allaitement est encore trop souvent mis en cause par certaines personnes comme un obstacle (à la vie de couple, au sommeil, à l’épanouissement des femmes, à la reprise du travail, à l’autonomisation de l’enfant, etc.) alors que de nombreuses études prouvent plutôt le contraire. Un bébé ou bambin allaité peut « faire ses nuits », se  rendormir très vite, ne pas être collé à sa mère, parler/marcher très tôt, aller en crèche/chez la nounou/à l’école facilement et sans plus de soucis qu’un enfant non allaité.  

Informer, soutenir et favoriser le lien
La plus grande difficulté reste le manque d’informations fiables et de qualité. Être informée et savoir à qui s’adresser quand on rencontre une difficulté est le meilleur soutien au projet d’allaitement.
Que l’on soit ami(e), personne de l’entourage familial ou professionnel de santé ou de la petite enfance, soyons honnêtes avec les futures mères (et leur conjoint). Nous devons les prévenir que l’allaitement n’est pas toujours facile même s’il est « naturel » et doit rester la norme pour nourrir les petits humains. Nous devons les accompagner dans ce projet d’allaitement : avant et pendant la grossesse en les informant ; à la naissance et dans les premières semaines en les soutenant ; dans les mois et les années qui suivent en les encourageant et les félicitant pour ce lien qu’elles maintiennent en dépit de probables difficultés. Aucun allaitement ne se déroule sans embages mais les bénéfices retirés sont tels qu’on retient surtout les moments tendres et agréables.

1 Terme emprunté à Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, auteure notamment de L’allaitement maternel, Allaiter, c’est bon pour la santé et Petit guide de l'allaitement pour la mère qui travaille, Éditions Jouvence

2 Allaiter sans avoir porté son bébé (adoption ou GPA) est possible mais avec la mise en place d’un protocole bien spécifique.

3 Rappelons que l’OMS préconise un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois et ensuite jusqu’à 2 ans avec une diversification alimentaire progressive.

4 L’incontournable L’art de l’allaitement maternel édité par La Leche League (version française publiée par First Éditions, 2012) ou L’allaitement, De la naissance au sevrage, Marie Thirion, Éditions Albin Michel (2014) devraient être offerts à toutes les futures mères.

5 Cette liste n'est pas exhaustive et présente les difficultés les plus courantes.

Breastsleeping : Le sommeil des bébés allaités

extrait du numéro 60 de septembre-octobre 2016


Dormir avec son bébé allaité est normal, affirme l’anthropologue James J. McKenna. « Normal » ici signifie « attendu du point de vue de la norme biologique ». Car du point de vue de la norme sociale, le sommeil partagé est souvent considéré comme pathologique. Pour appuyer le rapport étroit entre le sommeil et l’allaitement, James J. McKenna nous propose un terme nouveau qui, cependant, désigne une pratique millénaire : breastsleeping ou le « sommeil allaité ».

Les nouveaux parents ou ceux qui ne l’ont jamais pratiqué ont souvent une  représentation assez vague du sommeil partagé, communément  appelé cododo. Pour décrire le sommeil partagé, James J. McKenna nous propose une image particulièrement inspirante : « [...] imaginez une lionne et ses lionceaux endormis pêle-mêle : pattes contre dos et têtes appuyées sur les ventres. Ainsi lovés, leurs corps bougent au rythme de leurs respirations et forment une chaleureuse boule d’amour 1 ». Et en effet, on retrouve cette image de « chaleureuse boule d’amour » chez de nombreux mammifères et notamment chez les primates, dont nous sommes.

Le sommeil est, pour chaque espèce, adapté à ses besoins biologiques particuliers. Les bébés humains, en particulier, ont un besoin intense de proximité et de contact, de chaleur, de lait, de soutien émotionnel et affectif. Le corps allaitant de la mère est ainsi l’environnement le plus adapté pour répondre à ces besoins. Un sommeil solitaire n’est donc pas approprié aux besoins de base d’un bébé. Et partant, il est normal, d’un point de vue biologique, pour une mère de dormir avec son bébé allaité. 

Le sommeil solitaire, une déviance culturelle moderne

Selon James J. McKenna, le « sommeil allaité » est l’adaptation des besoins de sommeil et des besoins de nourriture de notre espèce la plus aboutie, et la plus ancienne, de son évolution (« humankinds’s most successful sleeping and feeding arrangement 2 »). Le sommeil solitaire est une invention très récente des cultures dites occidentales au regard des millions d’années d’évolution du sommeil allaité. Il s’appuie sur plusieurs  présupposés qui n’ont jamais été validés scientifiquement. Les raisons morales d’antan (prévenir l’infanticide, préserver le sanctuaire que serait le lit parental) ont été remplacées par des raisons qui se prétendent objectives, comme le fait que le sommeil solitaire favoriserait une autonomie plus précoce des enfants. L’autonomie précoce est particulièrement recherchée dans nos sociétés qui ont besoin de rapidement dégager les énergies, oserais-je dire « ressources », humaines de leur investissement parental. Cependant, il n’est pas du tout certain que le sommeil solitaire permette une authentique autonomie des enfants. La prévention des accidents, dans le sillage de la prévention des infanticides, et notamment, du syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) est sans doute la raison principale invoquée par les campagnes de prévention anti-cododo qui ne précisent pas les pratiques de sommeil partagé visées. Or, condamner le cododo sans  préciser la façon dont il est pratiqué est illégitime.

Comme l’explique James J. McKenna, le cododo n’est dangereux que dans certaines conditions que l’on peut déterminer et nous savons aujourd’hui définir des conditions de sommeil partagé sûres3.

Les campagnes sanitaires anti-cododo sont sans doute une réponse aux évolutions  culturelles récentes comme l’adoption d’un nouveau genre de  mobilier peu adapté au sommeil partagé ou l’augmentation de l’alcoolisme ou du tabagisme. Mais c’est une réponse sans nuances car si le sommeil solitaire est adapté dans certains cas restreints, il n’en constitue pas moins une déviance comportementale par rapport au comportement biologique optimal qu’est le sommeil allaité. 

Le sommeil allaité, une coévolution de la dyade mère/bébé

L’évolution même de notre espèce contredit la théorie du sommeil solitaire. Les bébés humains sont « programmés » pour rechercher la proximité et le contact de ceux qui en prennent soin, et ce pour plusieurs raisons. L’acquisition de la bipédie et donc la diminution de la taille du canal pelvien d’une part, et l’augmentation de la taille du cerveau et donc l’incapacité du placenta d’en soutenir la croissance jusqu’à maturité d’autre part, ont eu pour conséquence une naissance « précoce », dans un état d’immaturité neurologique et motrice qui n’a d’équivalent chez aucun autre mammifère. De ce fait, les bébés humains sont extrêmement vulnérables et totalement dépendants des soins et de la protection d’individus adultes de leur espèce. Ils ont un besoin intense et constant de soins durant les premiers mois de vie. La composition du lait d’humaine nous donne un argument supplémentaire en faveur de la thèse du sommeil allaité. Les espèces animales qui laissent leurs nouveau-nés seuls durant de longues périodes ont un lait riche en graisses et en protéines et pauvre en sucres, ce qui permet aux petits d’être rassasiés et de patienter plus longtemps jusqu’à la prochaine tétée.

Ce n’est pas le cas du lait humain et plus généralement des espèces animales qui portent, codorment et ont un contact prolongé avec leurs petits. La teneur en sucres (lactose essentiellement) du lait humain est presque deux fois supérieure à la teneur en lipides (7 % contre 3,8 %) et sept fois supérieure à la teneur en protéines4, ce qui nécessite des tétées très fréquentes. Les bébés humains ne peuvent pas supporter de longues séparations, ne serait-ce que du point de vue de leurs besoins d’allaitement. On voit mieux, dès lors,  pourquoi on ne peut penser l’allaitement et le sommeil des bébés séparément.

Le besoin de contact et de proximité du bébé humain est tout aussi important pour son développement optimal, et pas seulement parce que la proximité permettrait de mieux le protéger contre d’éventuels dangers. James J. McKenna et son équipe ont montré que le sommeil partagé multiplie par deux voire par trois les réveils nocturnes et donc le nombre de tétées, c’est-à-dire la quantité de lait ingérée. Il permet également au bébé de maintenir une température corporelle plus élevée que dans le sommeil solitaire. Le sommeil allaité influence également positivement la lactation. Tout cela s’accomplit dans une  synchronisation des rythmes de la mère et du bébé, celui de la respiration et celui des cycles de sommeil, séparés par des micro-réveils durant lesquels le bébé tète, la mère ajuste les couvertures, embrasse et caresse son bébé avant de se rendormir tout à fait. 

Expliquer plutôt que diaboliser

Le contexte de la dyade mère/bébé impliquée dans le sommeil allaité est si particulier  qu’il doit être bien distingué des autres formes de sommeil partagé dans les études épidémiologiques sur les avantages et les risques de cette pratique. C’est pour cette raison que James J. McKenna propose le nouveau terme de « sommeil allaité » (breastsleeping).

On sait par exemple que les réveils nocturnes fréquents et l’allaitement, ce qui caractérise précisément le sommeil allaité, sont des facteurs de prévention contre le SMSN. Du reste, l’OMS et l’Academy of breastfeeding medecine recommandent le sommeil partagé quand il est pratiqué dans des conditions qui assurent la sécurité du bébé. Plutôt que de rejeter en bloc une pratique, il faudrait en expliquer les conditions optimales de sécurité. James J. McKenna constate qu’en dépit des recommandations sanitaires américaines, la pratique du sommeil partagé est en augmentation aux États-Unis, augmentation sans doute directement corrélée à l’augmentation des taux d’allaitement. De plus, en réalité, cette pratique n’avait pas vraiment été abandonnée, les parents continuant de prendre leur bébé tout près d’eux au moins une partie de la nuit, comme le font les humaines depuis des millénaires, surtout quand elles allaitent5. Il est donc primordial d’informer les parents plutôt que de condamner leur comportement et de les culpabiliser.

Enfin, dans une société où le sommeil allaité est identifié comme un comportement  biologique normal, un bébé qui se réveille souvent est un bébé biologiquement bien adapté, un enfant qui va bien, et pas un enfant qui a des problèmes de sommeil qu’il faut à tout prix soigner. On va enfin pouvoir co-dormir tranquille !

1 Dormir avec son bébé, Éditions Ligue La Leche (2015).

2 « There is no such thing as infant sleep, there is no such thing as breastfeeding, there is only breastsleeping », Acta pædiatrica,10 octobre 2015.

3 Coucher le bébé sur le dos, sur un matelas ferme avec des draps bien ajustés. Garder le visage du bébé à découvert. Maintenir un environnement non fumeur.

4 Biologie de l’allaitement : le sein, le lait, le geste, M. Baudry, S. Chiasson, J.  Lauzière, Éditions des Presses de l’université du Québec (2006).

5 La chercheuse britannique Dr_Helen Ball a montré que les taux de sommeil partagé au sein d’une population sont sous-évalués car les parents ont tendance à répondre ce qui est socialement attendu plutôt que de décrire objectivement leurs nuits.

L'allaitement passés deux ans, une expérience contrastée

extrait du numéro 56 de janvier-février 2016

Parmi les mamans dont les enfants continuent de téter après leur deuxième anniversaire, la plupart traversent des sentiments ambivalents. Dans le prolongement de l’article de Sophie Guedes1 paru l’été dernier, nous avons le désir de refléter l’expérience de ces mères à l’allaitement au long cours, faisant la part belle à leurs authentiques et précieux  témoignages, disant le bon comme le moins bon. Nous les remercions de permettre à d’autres femmes de s’inspirer et se nourrir de leurs partages. 

Une mère peut trouver dans l’allaitement qui dure du bonheur et ressentir en même temps des émotions négatives, des grands moments de solitude, voire ne plus aimer allaiter son bambin sans pouvoir se résoudre à «sevrer». Remises en question, avancées au jour le jour, lâcher prise, tétées acrobatiques, fous rires, agacements et colères sont le lot de ces mères qui ne vivent pas toujours les tétées de leur grand  comme un long fleuve tranquille. 

Une durée non préméditée
À la naissance de nos petits, on sait souvent si l’on veut allaiter, on sait rarement jusqu’à quand, et encore moins comment cela va prendre fin. Ils grandissent, ils tètent, et on se surprend soi-même à poursuivre à 3 mois, puis 6, 18, 36 et au-delà. On se fixe des objectifs de sevrage, l’entourage nous y presse : «Tu vas l’allaiter encore jusqu'à quand ?».Or, ce que la définition la plus courante2 du verbe «allaiter» omet de préciser, c'est qu'on n’allaite pas seule. Notre petit tète autant que nous l’allaitons. Sandrine constate que «c'est plutôt eux qui ont continué, ils en avaient visiblement besoin.» Une maman rapporte que lors d’une discussion sur le sevrage de leur petit de 9 mois, son mari répondit : «Le sevrer, lui? Mais il n’est pas du tout prêt, regarde comme il aime ça !». Pour certaines, l’allaitement long est une réparation de leurs premiers mois difficiles. De son côté, Camille s’exclame : «Deux ans et demi d’allaitement ! Je n’aurais jamais cru aller jusque-là !» et Sylvie : «Il va avoir 3 ans et jamais jamais jamais je n'aurais imaginé allaiter aussi longtemps initialement. Ça s'est imposé, c'est venu comme ça, comme une évidence et par facilité.» De même, Clémence se souvient : «Au début de mon allaitement, je n'imaginais pas du tout allaiter aussi longtemps.» Pour se projeter, Bénédicte bénéficiait d’une expérience inspirante : «Ma grande sœur ayant allaité ses enfants longtemps, j'avais pu voir les effets bénéfiques, voire magiques de l'allaitement, bien au-delà de la simple nourriture.» 

Le sevrage, une notion évolutive
Sylvie s'interroge : «Le sevrage demeure pour moi un mystère et une ambigüité. Comment faire ? Je me pose la question depuis les 6 mois de mon fils, à partir du moment où le monde entier a commencé à me regarder de travers (à l'exception de ce précieux groupe LLL à distance). Comment accompagner un sevrage ? Retirer violemment cette "tétine naturelle" malgré sa demande pressante et ses larmes ? Et pour quel motif ? Pour imposer mon autorité d'adulte ? Lui donner un bout de plastique à la place, pour avoir la paix ? Cela m'a semblé si violent et égoïste, pas du tout empathique ni bienveillant. […] Et voilà comment je me retrouve à près de trois ans d'allaitement.». Il est des femmes qui, si elles éprouvent le besoin «de retrouver leur corps» en mettant un terme à l’allaitement, se confrontent à leur idéal de sevrage. Cécile* confie : «J’aimerais un sevrage naturel pour ma fille de bientôt 33 mois mais j’avoue que j’ai de plus en plus de mal avec l’allaitement». Marie partage ses regrets : «Vers la fin de ma troisième grossesse, j’avais un peu de sentiment de rejet et j’ai accompagné ma deuxième fille doucement et facilement dans un sevrage. Quelques mois plus tard, elle a commencé à avoir des crises mémorables et puis elle est tombée [gravement] malade […]. J’ai regretté et je regrette encore ce sevrage à mon initiative. L’allaitement nous aurait aidés tant avec les crises d’humeur qu’avec la maladie. Plus jamais je ne minimise l’importance et l’utilité que peut avoir l’allaitement après les deux ans préconisés par l’OMS. De plus je me méfie maintenant des situations où on peut pousser l’enfant assez facilement vers l’étape suivante. C’est facile mais en fait on ne respecte pas son rythme.»Du côté de Clémence, la notion de sevrage a évolué au fil du temps : «Quand Paul avait 6 mois, je me souviens que je ne pensais pas pouvoir atteindre un sevrage naturel qui me semblait alors vraiment trop tardif, j'imaginais un sevrage vers 2 ans à l'occasion d'une nouvelle grossesse. Le temps a passé, les deux ans sont arrivés et Paul me semblait encore bien petit pour avoir un autre enfant, mais ma vision de  l'horizon du sevrage avait beaucoup changé, je n'imaginais plus pousser au sevrage mon enfant qui ne me semblait finalement pas trop grand pour téter.»

Les défis de l’allaitement long
• Fréquence, durée et dépendance
Qu’un bambin manifeste le besoin de conserver un rythme de tétées soutenu, comparable à celui des premiers mois de vie, est souvent difficile à accepter pour les mères. Il n’est pas toujours aisé de se confronter à cette réalité. Ce besoin implique une grande disponibilité de la mère et de son corps.Sandrine décrit avoir ressenti «la sensation de ne pas avoir le choix tellement ça semble nécessaire pour eux.» Une maman parle de la fatigue physique «profonde, parce que, oui, on pioche dans nos réserves encore et toujours.». Cécile négocie : «La journée elle tète encore à la demande mais j’ai limité la durée des tétées car elles m’agacent vite. […] Alors je suis partagée mais je fais un effort et je la laisse téter.» Pour Camille, le plus dur c’est «cette super dépendance à mon sein, pour combler son profond besoin de succion. Qu’elle soit fatiguée, grognon, contrariée, mal réveillée – bien réveillée aussi d’ailleurs ! – tout entraîne un besoin de téter imminent. Étant l’extension de mon sein, je dois donc être partout, tout le temps et ne peux être remplacée […] mais finalement lorsque je m’absente, elle s’en passe très bien ! Et lorsque je suis vraiment à bout, elle sait aussi trouver en elle d’autres ressources. […] Il y a aussi les tétées à rallonge, celles où tu penses qu’elle ne décrochera “ jamais”, les soirs où tu passes 25 fois ton index, tout doucement, entre ton téton et sa langue pour qu’elle décroche – mais non, un râle profond te dit que ce n’est pas encore l’heure, tandis que ton conjoint se la coule douce sur le canapé dans la pièce d’à côté, que tes tétons te brûlent de plus en plus, et que tu sens l’impatience te gagner (c’est peu dire !).» 

Douleurs
Au nombre des désagréments, Sandrine relève une «sensation très désagréable après 3 ans, un peu comme si sa bouche était trop grande, le mouvement de succion plus ample, plus oppressant.» et évoque aussi «les douleurs pendant la grossesse». «Parfois la succion m'importune», nous dit Laurence, poursuivant: «les postures extravagantes aussi (tire sur le sein)». Une maman raconte que son petit en grandissant «s’est mis à serrer fort le mamelon entre ses dents au point de rendre la tétée à la limite du supportable, laissant une profonde trace de rangée de dents après la tétée. Souvent, et je le dis le cœur serré, la colère et les cris prennent alors le dessus». 

Nuits
Les tétées nocturnes, plus rares passé le cap des 3 ans, peuvent être une source d’agacement maternel, la fatigue et le besoin de dormir l’emportant sur la patience. «J’ai dû arrêter l’allaitement de nuit car cela m’était devenu insupportable et les nuits étaient chaotiques pour tout le monde», nous dit Cécile. À propos du rapport au corps et à la féminité, Camille évoque «ce retour de couches qui ne veut pas revenir». Pour Bénédicte, victime d’abus sexuels à l’âge de treize ans, «certaines sensations provoquées par l'allaitement ont réveillé des images que je ne souhaitais plus voir. Awena n'en était pas responsable mais je n'ai pas pu lui épargner mes “ras le bol” parfois violents pour elle […]. Je m'en suis excusée plus d'une fois auprès d'elle. Désormais lorsque ça arrive, elle réclame surtout que je la prenne dans mes bras.». 

Grossesse et co-allaitement
Allaiter un grand, c’est aussi pour certaines mères se retrouver à allaiter deux enfants (ou plus !) en même temps. Marie livre que «l’allaitement de ma grande pendant ma deuxième grossesse et le co-allaitement avec sa soeur n’a pas été facile du tout. Elle me faisait mal, j’avais des traces de dents sûrement dues à un frein de langue coupé repoussé. J’avais un fort sentiment de rejet. Pourtant j’ai continué grâce à des moments de lâcher prise et des mois de négociation pour réduire la durée des tétées. Je devais sentir combien c’était essentiel pour ma grande pas si grande que cela.». Clémence constate : «Les moments difficiles ne sont venus qu'avec la naissance de Gabriel, […]_: demandes de l'aîné difficiles à accepter quand on s'occupe d'un tout-petit, aîné qui nous semble brusquement gigantesque. […] Disons qu'après avoir continué sans me poser de question pendant plus de trois ans et demi, aujourd'hui  je continue parce que je pense que cela répond encore à un besoin. Et que cela préserve aussi des moments de tête-à-tête, précieux […]» 

L’entourage
Enfin les mères parlent du regard peu amène des autres. Avec un enfant qui allie souvent le geste de découvrir le sein à la parole, le message est sans équivoque. «Il y a les “ je veux téter maintenant !”, à 80 décibels […] dans le train, le bus, le métro, le parc, la pharmacie… et les regards gênés des “voisins” qui n’en croient pas leurs oreilles ! Il y a les non-dits des parents, de la famille, des amis qui te demandent l’air de rien, alors que tu pensais pouvoir enfin sortir tes seins tranquille “elle a quel âge déjà maintenant ?»» décrit Camille. Pour Laurence, «Le regard des autres […], je m'en moque assez car ils sont extérieurs à mon cœur. En revanche, je n'allaite pas à l'école pour ne pas qu'on se moque de Rémi. Et venant de la famille : aïe aïe aïe, que c’est difficile à vivre car je suis affectivement impliquée.» Sandrine avait «surtout peur que [son] enfant risque de se sentir "anormal" par exemple en recevant des réflexions désagréables, donc [elle n’allaitait] plus en public […].» 

La «baguette magique du maternage»
Mais pourquoi donc, alors qu’il y a manifestement des aspects déplaisants, l’allaitement se poursuit-il ? Il semble que pour la majorité des mères, les moments difficiles ne colorent pas la relation mère-enfant dans sa globalité. Ils engendrent des sentiments négatifs éprouvés «sur le coup» et dont on se départit. L’allaitement demeure un roc sur lequel s’appuyer, grâce à la finesse qu’il favorise dans la compréhension  des besoins de l’enfant. «Et c’est aussi ce qui fait la magie de ce lien unique et si profond: il nous a aidées  à développer une compréhension mutuelle presque parfaite, une connaissance et un respect de l’autre  singulier. À savoir identifier nos limites, nos besoins profonds, et ceux de l’autre. Et à les partager», nous dit Camille. Pour Bénédicte, «Le “Câlin”, comme nous l'appelons chez nous, a été et reste un moment incomparable de réconfort.» Clémence savoure : «Pour moi, l'allaitement reste une baguette magique du maternage, même bien au-delà de 2 ans.» Pour cette mère de deux enfants, il favorise même l’harmonie dans la fratrie : «J'ai le sentiment que pouvoir continuer à téter a permis à Paul de bien accepter son petit frère.» La conclusion revient à Sylvie : «Après tout, si le corps humain de la mère permet de produire du lait aussi longtemps, c'est sans doute qu'il y a une raison qui nous échappe... La nature fait si bien les choses quand on la respecte !»

1 «L’allaitement quand il dure», Sophie Guedes, Grandir Autrement N° 53, juillet-août 2015.

2 Citons, par exemple, la définition du Petit Larousse (2003)_: «nourrir de lait, de son lait».

* Le prénom a été changé


L'impact écologique de l'allaitement

extrait du numéro 46 de mai-juin 2014

 

L’allaitement permet d’économiser l’énergie nécessaire à la fabrication, au transport et à la préparation du lait artificiel. Il est estimé que l’alimentation au biberon consomme l’équivalent de 600 grammes de bois (pour faire bouillir biberons et tétines et chauffer l’eau) et trois litres d’eau par jour (un litre pour diluer la poudre et deux litres pour nettoyer biberons et tétines)1. Or, dans les pays en développement, l’énergie et l’eau sont des denrées rares et coûteuses ;  même dans les pays industrialisés, l’énergie provient généralement de centrales nucléaires ou électriques polluantes. Le lait artificiel constitue par conséquent un véritable gaspillage de ressources naturelles. En évitant l'utilisation de bois, l'allaitement contribue à lutter contre le défrichement et à diminuer les besoins en matières premières.  

La pollution et la déforestation causées par l’industrie du lait en poudre
Le lait artificiel est généralement fabriqué à partir de lait de vache traité thermiquement et transformé en poudre. Le lait écrémé est filtré et chauffé à une température allant de 95 à 105 °C durant 15 à 20 secondes, homogénéisé, refroidi puis séché par pulvérisation à une température d’environ 73 °C et vaporisé dans une atmosphère de 160 °C. L’énergie nécessaire pour atteindre ces températures élevées et créer les processus mécaniques requis provoque une pollution atmosphérique (agents responsables  des pluies acides, gaz à effet de serre, émission de dioxines) et mobilise également des ressources naturelles (combustible). Les laits en poudre contiennent aussi, outre le lait ou le soja, un cocktail de substances traitées en usine.L'utilisation de fèves de soja a également un impact sur l'environnement. Le Cerrado brésilien  savane boisée), par exemple, est défriché et remplacé par des plantations de soja. Cette culture, qui représente 10 % des exportations du Brésil, nécessite une irrigation très importante et un grand nombre d’engrais chimiques.Boîtes de lait, biberons, tétines et autres accessoires requièrent, pour leur fabrication, du métal, du carton, du verre, du caoutchouc, de la silicone et du plastique (particulièrement problématique car issu du pétrole, donc extrêmement polluant et rarement recyclable).La question de la pollution liée au transport du lait artificiel se pose également. Ce dernier parcourt souvent des distances considérables avant de subir les transformations susmentionnées ; de même pour les boîtes et cartons d'emballage. Une fois emballé, le lait est acheminé jusqu’au consommateur, qui se trouve parfois à une distance très importante. Ainsi, en Équateur, les laits en poudre sont importés des États-Unis, d’Irlande, de Suisse et des Pays-Bas. Le Japon, la France, l’Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande sont d’autres pays exportateurs de lait en poudre. Nous ne possédons pas à ce jour de chiffres exacts relatifs à la pollution causée par ces transports (dont l’émission de dioxines), mais cette dernière doit être considérable.L’industrie laitière en général contribue au gaspillage des sols et des ressources et à la pollution de l’environnement. Le méthane émis par les vaches se classe au second rang parmi les gaz qui contribuent à l’effet de serre et au réchauffement climatique. Les engrais utilisés pour la culture du fourrage pénètrent le sol et polluent les rivières et les eaux souterraines. En Inde, si les femmes n’allaitaient pas, il faudrait 135 millions de vaches laitières pour produire le lait nécessaire à l’alimentation des bébés ; pour se nourrir, ces vaches devraient occuper près de la moitié de la surface du pays!2

Une économie considérable de déchets
L’allaitement permet d’éviter la pollution liée à l’élimination des déchets ayant trait aux laits artificiels (boîtes de lait, biberons et tétines). Selon une étude3, pour trois millions de bébés nourris au biberon, 450 millions de boîtes de lait en poudre sont utilisées chaque année, ce qui représente 70 000 tonnes de métal de déchets. L’impact écologique du matériel publicitaire utilisé pour vendre le lait artificiel doit également être pris en compte.Autre point rarement évoqué : l’allaitement permet par ailleurs d’économiser les protections hygiéniques, puisqu’un allaitement soutenu permet de retarder la réapparition des règles après l’accouchement. 98 % des serviettes hygiéniques ou tampons sont jetés dans les toilettes et une bonne moitié de ceux-ci sont rejetés tels quels dans les mers. Les tampons mettent six mois à se biodégrader ; ce laps de temps est supérieur pour les serviettes hygiéniques (et les bandes plastiques, elles, ne se biodégradent jamais). Selon une étude4 , si toutes les mères britanniques allaitaient leur bébé, 3 000 tonnes de papier par an (nécessaires à la fabrication des protections hygiéniques) seraient économisées. 

Des mères et des enfants en meilleure santé, un recours moindre aux médicaments
L’allaitement diminue la prévalence des maladies (notamment celles dues à une eau contaminée), et donc l’utilisation de médicaments, dont la fabrication, le transport et l'élimination nuisent également à l'environnement. L’alimentation au biberon cause le décès d’un million et demi d’enfants par an (contaminations, infections, etc.) et la maladie chez de nombreux autres (diarrhées, etc.). Les laits artificiels contiennent un taux élevé d’aluminium et de plomb ainsi que bon nombre d’autres ingrédients pouvant être contaminés par des dioxines, des bactéries et d’autres éléments toxiques et radioactifs, tout au long de la chaîne de fabrication ou de stockage. On pense notamment aux cas d’intoxication dramatiques survenus en Chine il y a quelques années, qui ont causé la mort de plusieurs enfants. De la mélamine, un composant chimique industriel, avait été dilué dans le lait pour renforcer artificiellement sa teneur en protéines5 

L’allaitement, facteur de régulation démographique
Lutter contre la surpopulation, c’est aussi lutter contre la destruction de l’environnement et des ressources naturelles. L’allaitement maternel, s’il est exclusif et d’une durée suffisamment longue, est le moyen de contraception le plus efficace. Au Bangladesh, il empêche en moyenne 6,5 naissances par femme6. L’alimentation au biberon signifie des grossesses plus fréquentes et plus rapprochées, ayant une incidence sur la santé des mères et des enfants. Une étude menée au Chili7  a révélé qu’aucune des femmes pratiquant un allaitement exclusif n’était tombée enceinte dans les six mois suivant la naissance, contre 72 % seulement des femmes qui n’allaitaient pas. Dans les pays industrialisés, l’effet contraceptif de l’allaitement est malheureusement atténué par la durée plus courte de celui-ci et par les tétées moins fréquentes (de nombreuses mères ne parvenant pas à se détacher du schéma d'alimentation au biberon et ne donnant pas le sein à la demande comme il conviendrait de le faire).Il devient urgent de sensibiliser les citoyens et les gouvernements à ces questions et de lutter contre les méthodes insidieuses utilisées par l’industrie du lait en poudre pour commercialiser ses produits (échantillons gratuits distribués dans certaines maternités, publicités pour laits en poudre exploitant l’image du sein maternel, etc.). Ce n’est qu’en fournissant aux mères des informations détaillées sur l’impact de l’allaitement et du non-allaitement qu’elles pourront effectuer un choix en toute connaissance de cause et envisager de donner à leur bébé ce qu’il y a de meilleur pour lui, pour elles et pour la planète.

1. http://www.santeallaitementmaternel.com/se_former/apprehender_enjeux/enjeux_generaux/allaitement_artificiel2.php et http://www.quellenaissancedemain.info/ateliers/presentation_des_ateliers/lallaitement__un_droit.html
2. http://www.reducepackaging.com/impact-bottlefeeding.html
3. Ibid. note 1
4. Ibid. note 2
5.http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/02/08/chine-du-lait-contamine-a-la-melamine-reapparait_1302428_3216.html
6. http://infactcanada.ca/french1.htm
7. Ibid. note 2.

Pour aller plus loin 
- Les dix plus gros mensonges sur l’allaitement, Claude Suzanne Didierjean-Jouveau, Éditions Dangles (2006).
- http://www.lllfrance.org/vous-informer/des-etudes/1071-impact-environnemental-de-lallaitement
- http://www.madamenature.be/themes/eco-consommation/sein-ou-biberon-que-vaut-largument-ecologique

Grandir Autrement sera présent dans les Cévènes du 23 au 25 septembre 2016 au festival pour l’école de la vie !

le Festival pour l’école de la vie est de retour du 23 au 25 septembre 2016 au Château de Flaugergues à Montpellier !


Après le succès de la 1ère édition en 2015 dans les Cévènnes, le Festival pour l’école de la vie est de retour du 23 au 25 septembre 2016 au Château de Flaugergues à Montpellier !
3 jours autour de l ‘éducation, 26 conférences dont le
professeur Henri Joyeux, Thomas d’Ansembourg, Jeanne Siaud-Fachin, Marie-Françoise Neveu, Christian Tal Schaller et sa femme Johanne Razanamahay Shaller, Charles Martin-Krumm, Conrad, Laura Marie, Gregory Mutombo, Jean-Philippe Brebion, Eric Gaspar, Thierry Casasnovas, 150 exposants, des ateliers thématiques pour enfants et adultes, des tables rondes autour de l’éducation, des concerts, une restauration bio privilégiant les circuits cours…et bien des surprises !
Un festival pour découvrir les outils, techniques et activités qui existent autour de l’éducation pour le bien-être de nos enfants. Différents thèmes seront abordés comme les neurosciences et l’éducation, la psychologie positive dans l’éducation, l’intériorité citoyenne, l’empreinte de naissance, notre enfant intérieur, cultiver l’altruisme dès l’enfance, découvrir les techniques de communication bienveillante, comment transmettre à un enfant les principes qui vont permettre de l’autonomiser et de développer son discernement, méthode d’éducation à la non violence un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte !


Extrait du numéro 59 de juillet/août 2016


L’IEF, bien qu’en constante progression,est encore très peu connue en France. Cette méconnaissance est souvent source d’incompréhension et d’interprétation voire de rejet spontané tant ce mode d’instruction défie les habitudes de pensée. Et penser que l’école est obligatoire est une habitude de pensée et pas seulement un manque d’information. La scolarisation des esprits et de notre société est telle qu’il est difficile d’imaginer que l’on puisse vivre autrement. Les fantasmes et les spéculations vont alors bon train quand l’expérience directe de l’IEF fait défaut. Comment vont-ils apprendre des choses, obtenir des diplômes, trouver du travail, avoir des repères, se faire des amis, accepter les contraintes de la vie en société, etc. ? Ce sont les questions qu’on se pose couramment au sujet des enfants non scolarisés. Je vous propose de tordre le cou à certains préjugés et de dissiper quelques fantasmes à propos de l’univers foisonnant, que je connais bien, qui s’épanouit derrière les murs de l’école.


Il est des croyances qu’on peut difficilement reprocher tant le conditionnement social est fort. Qui ne s’est jamais entendu asséner que l’école était obligatoire ? Combien d’enfants qui ont exprimé le souhait de ne pas aller à l’école se sont entendus rétorquer qu’ils n’avaient pas le choix, que c’était la loi. Combien de personnes ignorent leurs droits ? C’est un fait, plus de 99 % des enfants âgés de 3 à 16 ans sont inscrits dans des établissements scolaires et notre expérience de l’enfant non scolarisé est le plus souvent exotique ; il s’agit d’un enfant dont les parents voyagent ou sont expatriés, d’un sportif ou musicien de haut niveau, d’un enfant souffrant d’un handicap pour lequel aucune structure d’accueil n’est adaptée, et autres singularités qui, le plus souvent, sont vues comme de « bonnes » raisons de ne pas aller à l’école. Ces derniers profils de famille non-sco sont socialement acceptés et ne sont qu’exceptions qui confirment la règle. 

Une contingence des temps modernes
Pourtant, l’école est une invention somme toute assez récente, au regard de la longue histoire de l’humanité. On pourra certes, en forçant les traits et les points de comparaison, trouver des prémisses d’institution scolaire dans toutes sortes de structures sociales ou rapports humains connus depuis l’Antiquité. Mais les comparaisons resteront construites, artificielles, idéologiques, anachroniques, et l’école, telle que nous la connaissons, est endémique des sociétés modernes, industrielles et occidentalisées. On peut se demander pourquoi, à un moment donné de l’histoire des cultures humaines, on a eu besoin de créer des écoles comme lieux physiques où des enfants sont massés. Les réponses divergent selon le projet social auquel on adhère. Pour les uns, l’école pour tous a pour but de donner à chacun, quel que soit son origine sociale, notamment la plus modeste, la chance de gravir les échelons sociaux les plus élevés. Pour les autres, elle est un moyen que les systèmes économiques et politiques en place mettent en oeuvre pour se perpétuer (notamment en « libérant » et détournant les énergies parentales au profit du capital). Ainsi, selon le point de vue, elle peut être vue comme condition d’émancipation ou comme instrument d’aliénation.
Quoi qu’il en soit, bien que très jeune (l’école n’a pas été inventée par Charlemagne comme le voudraient certains mais par Jules Ferry), elle a très rapidement enfermé plusieurs heures par jour, plusieurs jours par semaine, plus des deux tiers d’une année, et près d’un sixième de leur vie, toutes les catégories sociales d’enfants âgés de 3 à 16 ans. La « scolarisation » au sens illichien1 du terme a été fulgurante ; moins d’un siècle de « démocratisation » de l’école et plus personne n’imagine qu’il est possible ou raisonnable de s’en passer. Dès lors, sortir du cadre scolaire, c’est comme sortir de la société puisque c’est s’extraire de la norme sociale ; curieuse équation quand on songe à l’immense partie de la société que l’école exclut de son enceinte... 

Enfermés, asociaux et insociables ?
En effet, et fort heureusement, l’école n’épuise pas le réel, elle n’est pas un espace-temps social exclusif pour un enfant ou un adolescent. Derrière ses murs, il y a tout un univers d’une richesse infiniment plus grande que celle qui est proposée en son sein : celle des villes, des innombrables lieux de vie qu’elle abrite, parcs, potagers urbains, rues commerçantes, restaurants et cafés, bibliothèques, monuments, musées, centres d’animation, conservatoires, stades, piscines, patinoires ; celle des campagnes, de ses forêts et la multitude d’espèces vivantes qu’elle accueille, de ses fermes, de ses sentiers à travers champs, de ses fêtes de village ; enfin, celles des autres humains, adultes, touristes, retraités, étudiants, sans emploi, mais aussi enfants, qui quittent à 15 heures, qui n’ont pas cours le mercredi après-midi, qui ne vont pas à l’école… Quelle drôle d’idée que d’imaginer que les enfants qui ne vont pas à l’école sont enfermés et privés d’interactions sociales ! On pourrait même plutôt affirmer le contraire : ce sont les enfants scolarisés qui sont contraints à des interactions extrêmement pauvres, une douzaine d’adultes, une trentaine, dans le « meilleur » des cas une quarantaine, d’enfants du même âge. Il faut admettre que l’expression, bien pratique, « l’école à la maison » est source de confusion. On se représente un ou plusieurs enfants en train de recevoir des cours de la part de leurs parents, « comme à l’école », mais à la maison. C’est parfois le cas ; certaines familles choisissent de reproduire le mode d’instruction typique des établissements d’enseignement, avec horaires, cours formels, apprentissages dirigés. Mais souvent, parce que les parents jouissent de la liberté de choix pédagogique, faire « l’école à la maison », c’est surtout être hors de la maison, et « s’instruire en famille », c’est surtout s’instruire avec d’autres adultes et enfants. À partir du moment où ils fréquentent régulièrement des personnes, les enfants non-sco développent des compétences sociales tout à fait appropriées et ne risquent pas de devenir des sociopathes. La variété des interactions sociales auxquelles ils sont susceptibles d’être soumis pourrait même constituer un avantage par rapport aux enfants scolarisés dont les contacts avec d’autres individus ou groupes sont souvent plus restreints et moins variés. Toutefois, même si, dans l’absolu, l’école n’est pas le lieu exclusif pour « trouver des amis », dans les faits, quand plus de 95 % des moins de 16 ans sont à l’école plus de 70 % de leur temps éveillé, on peut parfois se sentir seul, surtout quand on habite une région où vivent peu de familles non-sco. Mais les parents déploient en général une grande énergie pour offrir à leurs enfants des occasions d’interactions sociales nombreuses et variées. De plus, et malheureusement, les enfants se sentent bien trop souvent seuls à l’école même...

Vivre, c’est apprendre
En réalité, les enfants n’ont pas besoin de l’école pour apprendre, et d’ailleurs, ils n’ont pas besoin qu’on leur enseigne quoi que ce soit de façon intentionnelle pour apprendre. Apprendre est une compétence de base de tous les animaux. Sans elle, aucune adaptation à un environnement en perpétuel mouvement n’est possible. Ainsi, à partir du moment où on est vivant et en constante interaction avec un environnement non statique, on apprend. Et on apprend tout ce qui est nécessaire à une adaptation optimale à cet environnement. Il ne s’agit pas de théorie ou de rhétorique ; il suffit de considérer l’une des expériences d’apprentissage les plus emblématiques de l’espèce humaine, celle du langage articulé. Tous les enfants du monde apprennent à parler ; ils le font de façon naturelle, spontanée, informelle, inconsciente, continue, tout simplement parce qu’ils sont immergés dès leur conception dans un bain de langage. Cela vaut pour l’acquisition de la lecture et de l’écriture, dès l’instant où l’écrit est omniprésent dans l’environnement, ce qui est le cas dans nos cultures occidentalisées. Les Orang Asli de la forêt primaire de Malaisie n’ont sans doute aucune raison d’apprendre à écrire et ils ne le feront, mal, que sous la contrainte. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter de la non-acquisition d’une compétence dont on n’aura pas l’usage et à l’inverse, une compétence qui optimise le développement d’un individu dans un contexte donné sera nécessairement acquise. C’est une question de bon sens, parce que c’est une question de survie. Bien sûr, vous vous demanderez si l’on peut apprendre de cette manière les mathématiques, considérées comme le type même du savoir qui nécessite une transmission formelle et dirigée. Je ne nie pas que certaines compétences s’acquièrent avec un peu de « technique » ou avec « méthode ». Mais il ne s’agit pas d’opposer l'informel et le formel mais bien plutôt ce qui a du sens et est utile à un instant I et ce qui ne l’est pas. Ainsi, si un enfant est motivé par la science mathématique, il la maîtrisera de façon aussi fluide et naturelle qu’il a maîtrisé le langage. Et surtout, l’être humain est naturellement doué de compétences cognitives, qu’il pourra mobiliser en mathématiques ou ailleurs, comme l’abstraction, le raisonnement, la mémoire, l’analyse, la synthèse, etc., et pour le renforcement desquelles nul n’est besoin d’exercices artificiellement construits, un environnement suffisamment riche y pourvoyant largement. En fait, la question cruciale est de savoir si les mathématiques sont pertinentes et utiles pour tous. Rien n’est moins sûr. Et là nous effleurons la question épineuse de ce qu’il « faut » apprendre. Ceux qui élaborent les programmes scolaires de l’Éducation nationale en ont une certaine idée qu’ils imposent aux autres, au mépris de la singularité des besoins et désirs de chacun.
Par ailleurs, l’être humain, et en particulier l’enfant, est un animal, à vrai dire comme tous les animaux, curieux et avide de nouveaux horizons. Il s’intéressera aux sciences, à la littérature, à l’histoire, à la politique, etc. ; mais avec un enthousiasme inversement proportionnel à la contrainte qu’il aura subie pour les appréhender. La réalité est que si l’on laisse l’enfant libre de ses apprentissages, il est tout à fait probable qu’un certain nombre de savoirs et de compétences, que je qualifierais d’académiques, et qui sont hautement valorisés dans la conception de l'excellence à la française soient délaissés en raison de leur inutilité dans l’actuel environnement social. Il faut en avoir conscience afin d’éviter d’être contrarié par des attentes déçues. Ce n’est pas « grave », la dignité de l’être humain ne réside pas principalement dans la physique théorique ou la poésie, et les domaines dans lesquels l’esprit humain peut s’accomplir sont infiniment plus vastes et variés. Au final, il est important de se défaire de l’idée qu’apprendre est une activité qui se développe dans un espace-temps limité et « d’apprendre » à mettre tous les savoirs et compétences sur un pied d’égalité car, en dernière instance, ce qui les distingue, c’est l’utilité et le sens qu’ils ont pour un individu ou un groupe d’individus donné. Ce n’est que dans la liberté que la conquête de savoirs pointus et qui semblent inutiles pour l’action immédiate peut se faire ; vivre, c’est aussi s’étonner et contempler la beauté de l’univers et nul ne peut être contraint dans la contemplation. 

Repères, contraintes, limites
Certains pensent qu’un enfant qui n’est pas cadré par des horaires, se lever tôt le matin, s’habiller (oui, il faut l’admettre, les non-sco ont tendance à rester en pyjama quand ils n’ont pas besoin de sortir !), manger à heures fixes, différer son envie de faire pipi, se coucher tôt, et rebelote !, des exercices, des examens, en quelque sorte des « rituels » qui scandent son existence, mais aussi une obligation de ponctualité et d’assiduité, la vie en collectivité où un certain nombre de règles doivent être respectées, des devoirs (moraux) envers leurs parents, leurs enseignants, les autres enfants, eux-mêmes, qu’un tel enfant donc ne peut se développer correctement et pire, privé de limites imagine-t-on, il deviendra tyrannique. De la même manière, un enfant auquel on n’opposerait pas méthodiquement, intentionnellement un certain nombre de contraintes, notamment celles de la vie en collectivité, serait inapte à accepter les contraintes que lui réserve sa future existence d’employé soumis à une hiérarchie, à une conjoncture économique défavorable, à des politiques liberticides, à des lois iniques… Les contraintes de l’école constitueraient dès lors une sorte d’entraînement à la vie adulte.
Ici, il me faut citer une formule du philosophe anglais John Locke dans son Second Traité du gouvernement civil : Liberty, not license. La liberté n’est pas un droit d’exercer arbitrairement son désir ou sa volonté. La liberté des uns n’entrave pas celle des autres, pas plus qu’elle ne s’y arrête ; au contraire, elle l’englobe et quand on est libre, on est libre ensemble.
De la même manière que la liberté ne peut émaner que de soi et n’est pas un privilège consenti par une instance extérieure à soi, les repères, les limites n’ont pas besoin d’être volontairement, voire arbitrairement, mises en place (parce que fixer des limites serait « formateur »). Les limites sont des données objectives de l’environnement dans lequel on évolue et on les appréhende dès son premier souffle, si ce n’est en deça. Vivre, c’est rencontrer des blocs de résistance, ceux de son propre corps, ceux des autres corps. Quant aux repères, chacun les trouve dans son environnement, parce qu’on cherche toujours ce qui est stable, on est programmé pour précisément repérer ce qui est fixe ou récurrent. Ainsi, on n’a pas besoin de s’inquiéter de savoir si un enfant, rempli de force vitale, saura trouver des repères ; c’est prévu dans le kit de survie de l’animal humain.
En revanche, il nous faut admettre qu’un enfant qui n’a pas été soumis dès son plus jeune âge à la volonté des adultes qui pensent et décident à sa place, qu’on a laissé se développer à son rythme et selon ses besoins, qui n’a pas été conditionné à l’obéissance aveugle, aura en effet tendance à critiquer et rejeter les patrons abusifs, les collègues manipulateurs, les politiques liberticides, les lois iniques… Un enfant qui n’aura pas été conditionné à reproduire le statu quo social aura tendance à vouloir créer un autre monde, le sien. En quoi et pour qui est-ce un problème si ce n’est pour ceux qui n’ont pas intérêt à ce que les choses changent ? Doit-on seulement s’adapter au monde qui nous accueille, le subir ? Ne peut-on en être un acteur et co-créateur ? C’est là que l’on doit s’interroger sur ce que l’on veut vraiment pour son enfant, pas ce dont on a besoin tout de suite, comme la tranquillité et la satisfaction de désirs immédiats, mais ce qu’on souhaite pour lui, et seulement pour lui, pas pour soi-même. 

Autres suspicions infondées
« Comment vont-ils obtenir des diplômes, et donc, trouver du travail ? » se demande-t-on souvent à propos des enfants non-sco. Tout d’abord, il est important de noter que de nombreux examens peuvent être passés en candidat libre c’est-à-dire sans devoir nécessairement assister à des cours ; c’est notamment le cas du baccalauréat. Il faut savoir aussi que le bac n’est pas la seule porte d’entrée aux études supérieures et qu’il est également possible dans le cadre de la formation continue de passer un diplôme national d’accès aux études universitaires (le DAEU) si après une première expérience professionnelle, on souhaite démarrer des études supérieures. Ce n’est en général pas considéré comme une « voie d’excellence » mais c’est une voie possible et de ce fait, c’est une voie légitime et valable de notre point de vue (cf. la nécessité de « dé-hiérarchiser » les savoirs et les modalités d’acquisition des savoirs). Il est vrai qu’en France, nous avons « la religion du diplôme » comme je l’ai entendu dire par un chef d’établissement lors d’une réunion d’accueil de parents d’élèves en début d’année scolaire. La croyance est tenace, en dépit du bon sens, que le défaut de diplôme est une preuve d’incompétence. Pourtant, il y a tant de possibilités nouvelles de s’autoformer efficacement grâce au développement des technologies de l’information et de la communication. Il peut certes être difficile de valoriser son CV en l’absence de mention de diplômes prestigieux. Toutefois, quand on n’a pas eu l’estime de soi et l’enthousiasme dévastés par un système d’évaluation chiffrée débilitant, par une organisation des savoirs qui valorise à outrance certaines modalités d’appréhension et de traitement, en général très « intellectualistes », du réel et néglige voire déprécie les autres, par des attentes irréalistes et inadaptées de la part des adultes quant à son développement, on a un avantage par rapport à ceux qui ont subi la « sélection » scolaire, l’avantage de la confiance en soi, de l’auto-évaluation, de l’autoformation, de l’autonomie, de l’autodétermination, de l’initiative. Il est possible de valoriser cette expérience de formation originale auprès d’employeurs audacieux et ouverts.
Il n’est pas non plus nécessaire, en tant que parent, d’avoir bac + 5 ou d’être diplômé en sciences de l’éducation pour accompagner son enfant dans ses apprentissages. Le parent n’a pas besoin d’être un puits de sapience capable de répondre du tac-au-tac, telle une encyclopédie en ligne, à toutes les questions de son enfant. Il lui rendra sûrement davantage service en lui montrant comment se procurer les informations dont il a besoin plutôt que de lui servir un réponse prémâchée. Ce qui compte, c’est d’être à l’écoute de ses besoins et de lui proposer un environnement riche et stimulant.
Enfin, il faut définitivement s’enlever de l’esprit que tous les parents non-sco sont des anarchistes, révolutionnaires, élitistes, radicaux ou fondamentalistes religieux, qui veulent détruire notre civilisation. Ces derniers soupçons pèsent beaucoup sur les familles non-sco et sont la source de nombreuses difficultés qu’ils rencontrent dans leur rapport avec les « contrôleurs » de l’Éducation nationale (cf. l'article page suivante).
Les fantasmes et préjugés dont la vie sans école est l’objet sont trop nombreux pour les épuiser en quelques pages. Nous venons d’aborder les plus tenaces mais il en existe d’autres encore. Le meilleur moyen de s’en défaire est de partir à la rencontre vivante et interactive des familles non-sco. ◆

◆ 1 Une société sans école, Ivan Illich, Éditions Points (2015). 

 

TOUCHE PAS À MON ZIZI ! Décalottage : un geste à éviter

Extrait du numéro 58 de mai/juin 2016


Beaucoup de gens croient toujours utile, voire nécessaire, de décalotter régulièrement le pénis des petits garçons, afin de prévenir un possible phimosis et/ou pour des raisons d’hygiène. Beaucoup de médecins donnent ce même conseil, se permettant même parfois, lors d’une visite de routine et sans prévenir les parents au préalable, de décalotter eux-mêmes l’enfant.

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Semaine Mondiale de l'Accouchement Respecté : "Mon corps, mon bébé, mon choix".

Du 16 au 22 mai, c'est la Semaine mondiale de l'accouchement respecté (SMAR).

Initiée par l'Alliance francophone pour l'accouchement respecté (AFAR) en 2004, la SMAR offre une occasion de réunir parents, professionnels de la périnatalité et toutes personnes intéressées par la naissance afin de réfléchir sur les moyens d'en améliorer les conditions.
Cette année, la SMAR vous invite à réfléchir sur le thème "Mon corps, mon bébé, mon choix".

De nombreuses manifestations, souvent organisées par des associations de soutien des parents, auront lieu un peu partout en France. Pour connaître la plus proche de chez vous, vous pouvez consulter la carte : https://www.facebook.com/SMAR.France/

A l'occasion de la SMAR, Grandir Autrement vous propose chaque jour de cette semaine une sélection d'articles sur la naissance respectée.
Aujourd'hui, un article paru dans le numéro  50 : Accoucher physiologiquement à l'hôpital - article de Ella

Par ailleurs, durant toute cette semaine, vous pourrez bénéficier de deux offres promotionnelles :
- Les deux hors série "Accueillir bébé" et "Naissance respectée" à 15 € au lieu de 17
- Le N57 sur le thème "Femme, mère : résoudre le conflit" offert pour tout abonnement à partir du numéro en cours souscrit.

Enfin, nous vous invitions à découvrir une sélection d'ouvrages sur les thèmes qui nous sont chers dans notre nouvelle boutique de livres.


Journée de la non violence éducative

Samedi 30 avril, c'est la Journée de la non violence éducative. C'est l'occasion pour les parents et les éducateurs de se réunir, de réfléchir et de communiquer sur la nocivité des tapes, fessées, punitions et diverses humiliations pour une autre façon d'être avec un enfant.
La JNVE est organisée chaque année par La Maison de l'Enfant. Pour connaître les initiatives mises en place dans votre région cette année, vous pouvez consulter le programme présenté sur son site :
http://www.wmaker.net/maisonenfant/Les-manifestations-du-30-avril-2016_a306.html

Pour préparer cette journée, Grandir Autrement vous propose chaque jour de cette semaine une sélection d'articles sur la NVE.
Bonne lecture et bonnes réflexions !
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Féminisme et allaitement

Extrait du numéro 57 de mars/avril 2016

Les rapports entre féminisme et allaitement n’ont
jamais été simples, et ont beaucoup varié. Car il
y a féminisme et féminisme. En simplifiant, on
pourrait dire qu’il se divise en deux courants :
la variante « différentialiste » (ou « essentialiste »)
et la variante « égalitariste ».

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Petits arrangements avec la nature : Est-il «naturel» d'avoir des enfants rapprochés?

Extrait du numéro 56 de janvier/février 2016

Qu’entend-on exactement par «‚naturel‚»‚? Et en dessous de quel seuil considère-t-on que deux enfants sont rapprochés‚? De plus, existe-t-il un critère objectif qui permette d’affirmer que deux naissances sont (trop) proches‚?
Pour répondre à ces questions, il nous faut examiner les diverses contraintes qui déterminent l’espacement des naissances dans nos sociétés contemporaines.

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Résistance cognitive et apprentissages

Extrait du numéro 55 de novembre/décembre 2015

Olivier Houdé, directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l'éducation de l'enfant (LaPsyDÉ) du CNRS, est parvenu à isoler une fonction essentielle du cerveau : la résistance cognitive. C'est la capacité qu'a notre cerveau à inhiber les automatismes de pensée qui nous empêchent de réfléchir. Il rend compte de cette découverte, avec de nombreux exemples à l'appui, dans un livre paru au printemps dernier sous le titre Apprendre à résister. Sa lecture est passionnante et nous amène à réfléchir à notre manière d'aborder l'apprentissage, notamment avec les enfants.

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Allaitement au long cours et sevrage naturel

L'allaitement, c'est bien plus que le mode d'alimentation le mieux adapté au petit d'homme, aux bienfaits sanitaires multiples, même au-delà de l'âge de 6 mois.
C'est également une nourriture affective qui soigne bien des contrariétés du bambin. Il n'y a aucune bonne raison de s'en priver tant que cela fonctionne. Voici le point de vue d'un père sur l'allaitement au long cours de sa compagne et sur le sevrage.

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L’allaitement quand il dure

Pourquoi certaines mamans continuent elles d’allaiter après les 3 ans de leur enfant ? Quels sont les bénéfices nutritionnels et sanitaires ? À quelles critiques ces mamans font-elles face ? 
Voici quelques-unes des questions auxquelles nous allons tenter de répondre en nous penchant sur l’allaitement dit long voire très long.

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L'impact écologique de l'allaitement

Le lait maternel étant une ressource naturelle, gratuite et renouvelable, l'allaitement ne pèse pas autant sur l’environnement que l’alimentation artificielle. Il a une incidence environnementale positive dans différents domaines, auxquels on ne pense pas forcément : énergie, ressources naturelles, pollution de l’eau, de l’air et des sols, déforestation, changement climatique, santé et démographie.

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Les dix conditions de l'OMS pour le succès de l'allaitement maternel

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est à l’origine
de l’initiative pour des Hôpitaux Amis des bébés (IHAB),
dont les « Dix conditions pour le succès de l’allaitement
maternel» constituent la pierre angulaire. L’IHAB
souligne que les pratiques en vigueur dans les hôpitaux
peuvent compromettre l’allaitement et qu’il importe dès
lors de les améliorer pour contribuer à accroître le taux
d’allaitement maternel.

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Allaitement et santé des femmes : le bébé est bon pour le sein !

On sait que l'allaitement est bon pour la santé de l'enfant allaité. On sait moins que ça l'est aussi pour la santé de la mère qui allaite. Que ce soit à court ou à long terme, comme le montrent nombre d'études faites ces dernières années.

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À TÂTONS : l’allaitement à petits pas

extrait du numéro 51 de mars/avril 2015

Allaiter ou donner le biberon ? Cette question se pose à bon nombre de femmes enceintes. Si la réponse est une évidence pour certaines, elle est un vrai questionnement pour d’autres. Ces
deux manières différentes de nourrir son enfant et d’établir une relation avec lui est un débat de société dans notre pays, un sujet épineux qui peut déchaîner les passions.
Il semble fondamental de parler d’allaitement sans braquer, de militer en douceur, de soutenir sans forcer afin de respecter l’éthique de chacune, son projet et ses choix.
Alors, comment planter la petite graine de l’allaitement et favoriser ses conditions de germination ? Réfléchissons ensemble.

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Paternage - Tome 2 Actuellement en souscription

Vous avez aimé le premier tome de la BD Paternage,
Vous allez adorer le prochain !

Vous avez aimé le premier tome de la BD Paternage, retraçant l’histoire d'un papa, la décision d’avoir un bébé, l’attente de la naissance, les débuts chaotiques ... ?
Vous allez adorer le prochain !

Dans ce second tome, retrouvez la suite des aventures de ce père qui apprend chaque jour le métier de papa, avec une naissance du deuxième enfant qui s’achemine ... à la maison !

Parution prévue début novembre, et dès maintenant en souscription sur le site de Grandir Autrement 

Imiter pour se construire

Extrait du numéro 54 de septembre/octobre 2015

Vous l'observez certainement tous les jours, vos enfants
adorent imiter les autres humains, et même les animaux,
reproduisant gestes et bruits, même ceux émis par de simples
objets. Arrivent-ils à se construire une identité tout en imitant
l'autre ? Quel rôle avons-nous en tant que parent imité ?

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Vacances et maternage font bon ménage

Extrait du numéro 53 de juillet/août 2015

 

Les choix de vie liés au parentage
proximal apportent aux temps de
vacances une touche de légèreté,
et de simplicité, dans le respect de
l’intérêt supérieur de l’enfant cher
à Grandir Autrement.

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Batailles de lit

Extrait du numéro 52 de mai/juin 2015


Quel parent n’a jamais expérimenté de bataille de polochon ou de séance de chahut endiablée avec ses enfants ?
Vous savez, ces moments délicieux où l’on s’empoigne, se bouscule, se laisse aller à une attaque de chatouilles mémorable.
Quentin, papa de trois bambins, nous livre le récit de ces «bastons» énergisantes et joyeuses auxquelles il se livre régulièrement avec ses enfants.

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Grandir : un lieu d'accueil enfants-parents

Extrait du numéro 51 de mars/avril 2015

C’est à Accueil Naissance, dans le 13e à Paris, que se retrouvent une fois par mois enfants, parents et accueillants pour une session de Grandir, dans une ambiance tranquille d’observation bienveillante. 
Une pause inspirante qui respecte la spontanéité, le rythme et le projet du petit enfant. 
Un lieu insolite s’il en est dans le paysage des structures d’accueil de la petite enfance français.

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Ce que j'aurais voulu qu'on me dise avant la naissance de mon bébé ...

Extrait du hors-série 8 : Accueillir Bébé

Devenir parent peut se révéler plein de surprises : positives pour la plupart, mais parfois plus difficiles. Des parents ont accepté de confier ce qui les avait le plus surpris quand Bébé est arrivé et évoquent les informations qu’ils auraient souhaité recevoir avant la naissance. Ils sont nombreux à admettre qu’ils n’auraient pas forcément pu entendre ou réaliser l’ampleur du changement avant de le vivre.

 

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Voir le sommaire du hors série
Découvrez notre Pack Naissance

La parole aux papas - Homme au foyer

extrait du numéro de janvier / février 2015

J'ai 36 ans, je suis marié et j'ai deux enfants : Ewen, 6 ans, et Youna, 1 an et demi.
Pris dans le tourbillon de la vie, jonglant avec mon nouveau rôle de papa, les opportunités professionnelles et les horaires du RER, je me suis rendu compte à un moment que quelque chose ne fonctionnait pas.

 

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Voir le sommaire du numéro 50

Retrouvez nous ce week end sur le salon Vivez Nature

Retrouvez le magazine Grandir Autrement, stand C21, du 30 janvier au 2 février sur le salon Vivez Nature, Grande halle de la Villette, Paris porte de Pantin.

N'oubliez pas d'imprimer votre invitation !

Accueillir Bébé - Sortie de notre nouveau hors série

Notre tout dernier hors série est en route vers les boites de nos abonnés qui le recevrons la première semaine de décembre.

Dans ce numéro de 84 pages, sans publicité, intitulé "Accueillir Bébé", notre équipe de rédacteurs s'interesse à comment se préparer au mieux à accueillir un enfant, en faisant le point sur le materiel, la préparation à la naissance, et les rituels autour de cette naissance.

Retrouvez le sommaire complet de ce numéro ici

Apprivoiser les écrans et grandir

Article extrait du numéro de novembre/décembre 2014

À une époque où quasiment chaque foyer possède au moins un écran (de téléphone, de télévision, d'ordinateur ou de console), on peut s'interroger sur la surexposition de nos enfants à ces écrans.
Serge Tisseron propose dans son livre, 3-6-9-12, Apprivoiser les écrans et grandir1, de guider parents et éducateurs à leur utilisation et développe ainsi un encouragement de pratiques sécurisées pour accéder aux contenus informatiques et interactifs.

 

Découvrez cet article ici

Voir le sommaire du numéro 49

Expédition du numéro de novembre-décembre

Notre nouveau numéro est en cours d'expédition.
Il arrivera dans les boites début novembre.

Le dernier numéro du magazine est en cours d'expédition.
Arrivée prévue dans les boites vers le 3 novembre.
Bonne lecture !

Le portage en conscience, un pas vers autrui

Découvrez cet article extrait de notre numéro de septembre/octobre 2014


Le portage a de nombreuses vertus immédiates ; il est pratique, bienfaisant et procure du plaisir, tant du côté de l’enfant que des parents (et des professionnels de la petite enfance qui l’utilisent comme outil de travail).
Au-delà de ces avantages évidents, le portage peut être un merveilleux moyen pour le bébé de se construire, de s’ouvrir au monde et aux relations. Porté contre l’adulte, il partage avec lui ses activités et ses échanges, emmagasine ainsi des messages, des façons de faire et d’être, des valeurs, des émotions. Cette pratique peut alors être pour nous l’occasion de prendre conscience de ce que nous pouvons transmettre à notre
enfant en le portant.

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Voir le sommaire du numéro 48

A venir dans le numéro de septembre/octobre

-en cours d'expédition vers nos abonnés -

Notre prochain numéro part mardi vers les boites de nos abonnés. Si vous ne vous êtes pas encore (ré)abonnés, c'est par ici.

Au sommaire du numéro de septembre: 

Grandir au quotidien
Lire et grandir : Sélection de la rédaction
Les mots et les choses : Pour en finir avec le concept de sevrage

Naître parents
Petits arrangements avec la nature : Allaiter en public, un comportement obcène ?
Chroniques de la parentalité : Le guide du moutard
S’attacher pour grandir : Le portage en conscience, un pas vers autrui
Grossesse : Hypno-natal TM : Et si accoucher passait par le psychisme ?
Naissance :
Le rebozo : soin et rituel
Les nouveaux rituels de naissance : entre tradition et création culturelles

Dossier
La séparation : comprendre, protéger, créer
En France, en 2011, 44,7 % des mariages finissent en divorce et 1,6 million d’enfants vivent dans une famille recomposée. Le nombre de divorces a été en constante augmentation depuis les années 70 et a atteint une valeur plateau à partir de 2005 avec une moyenne de 130 000 divorces par an.
La recrudescence des séparations a fait éclater le paradigme de la famille traditionnelle et a engendré de nouveaux agencements familiaux, familles monoparentales, recomposées, garde alternée, etc., qui, loin d’être exceptionnels, sont en voie de normalisation. Toutefois, selon bon nombre de professionnels de l’enfance, même normalisé, socialement et culturellement de plus en plus admis, un divorce n’est jamais réussi pour un enfant, et cela même si les deux parents y trouvent leur compte et se séparent cordialement.
Dans le contexte d’une désunion conflictuelle, c’est l’intégrité psychique de l’enfant qui est atteinte, notamment lorsque celui-ci se retrouve instrumentalisé, objet, prétexte ou médium de la discorde parentale. Dès lors, il est important de comprendre les sentiments que peut éprouver un enfant lors de la séparation de ses parents et de prendre conscience de ses besoins fondamentaux, qu’il s’agisse du besoin de sa mère, pour un enfant allaité, ou du besoin de voir régulièrement le parent qui n’a pas la garde, cela afin de le soutenir et le protéger lors de cette épreuve. Réaffirmer l’intérêt supérieur de l’enfant, remettre ses besoins au centre des préoccupations des parents séparés, proposer des pistes de réflexion pour créer des arrangements familiaux respectueux de tous, tels seront les objectifs de ce dossier.


Grandir et s’éveiller
Éducation : Vivre un deuil : en chemin vers la cicatrisation et l'acceptation
Ils grandissent : Girouettes et démotivés, quand l'enfant ne veut plus pratiquer une activité
Éducation non-violente en pratique : On m'a dit que je pouvais m'aimer
Chronique d’une parentalité sans violence : Il ne faut pas jouer avec la nourriture ? Mais si !

Grandir ensemble
Grandir sainement : La mémoire cellulaire : Se délier du passé pour se relier à soi-même
Grandir ailleurs : Les sages-femmes de village en Malaisie ; une tradition en péril
Zoom produit nature : Accompagner la séparation au naturel
Faire grandir une initiative : Le CDAAD : un mouvement de soutien pour l'AAD et pour les sages-femmes libérales

Grandir en savourant
Allaitement : Le sevrage naturel
Zoom aliment : Comprendre l'IG pour être en bonne santé
Fines bouches : Recettes "IG"

ET AILLEURS, COMMENT DORMENT LES ENFANTS ?

découvrez cet article extrait de notre numéro de juillet/août 2014


Partager le sommeil de son enfant et répondre à ses besoins, de nuit comme de jour, semble être la pratique la plus répandue à travers le monde.
En effet, quelles que soient les croyances et les traditions, les soins apportés à l’enfant et l’attitude que les adultes adoptent envers lui visent, dans la plupart des sociétés, à être à l’écoute de ses besoins tout en l’intégrant pleinement à la vie sociale.

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Voir le sommaire du numéro 47

Au sommaire de notre prochain numéro...

Notre prochain numéro part vendredi vers les boites de nos abonnés. Si vous ne vous êtes pas encore (ré)abonnés, c'est par ici.

Au sommaire du numéro de juillet : 

Grandir au quotidien
Des lectures qui inspirent notre maternage : Nos enfants sont des merveilles
Activité : Le bilboquet des bois
Lire et grandir :: Sélection de la rédaction

Naître parents
Naissance : Faire un projet de naissance
Interview : La pratique d’une sage-femme : Liesbet Sap
S’attacher pour grandir : Le portage en crèche
La parole aux papas : Les papas et les cacas

Dossier
Le sommeil : une affaire de famille
Le sommeil de leur enfant est sans doute, avec leur alimentation, l’un des plus importants objets de préoccupation des parents. Cela est tout à fait compréhensible car de la qualité du sommeil de leur progéniture dépend directement la qualité du leur. Lorsqu’ils se préparent à accueillir un enfant, les parents s’attendent à ce que leurs habitudes de sommeil soient profondément modifiées – et s’y préparent éventuellement.
Un bébé fait ses propres « nuits » selon un rythme souvent déroutant. Comment alors satisfaire son propre besoin de sommeil en tenant compte à la fois des besoins de son enfant, notamment lorsqu’il est allaité, et des diverses contraintes matérielles ou sociales ?
Une bonne compréhension des besoins du bébé permet de préserver le sommeil de toute la famille. Mais il est nécessaire au préalable de déconstruire de nombreux mythes et préjugés qui ont la vie dure. Le sommeil partagé peut fournir une solution avantageuse que bon nombre de parents ont adoptée mais en veillant à respecter quelques règles de sécurité. D’une manière générale, le sommeil est autant une affaire de biologie que de culture, comme le montrent les pratiques de sommeil en vigueur sous d’autres latitudes. Et contrairement à ce qu’énonce la rengaine populaire, le sommeil partagé ne constitue pas un obstacle à l’autonomie de l’enfant – ni à l’épanouissement du couple ! – et, là encore, il s’agit d’être créatif pour s’ajuster le plus finement les uns aux autres.

Grandir et s’éveiller
Éducation : Vivre le moment présent : l’ultime accompagnement de l’enfant ?
Ils grandissent : La compétition, nocive et incontournable : comment protéger nos enfants ?
Éducation non-violente en pratique: La punition : effets et solutions alternatives
Chronique d’une parentalité sans violence : « Se sacrifier » pour ses enfants ?

Grandir ensemble
Faire grandir une initiative : Les « cercles magiques » ou soutenir le développement affectif et social des enfants
Grandir sainement : « No-poo » : prendre soin de ses cheveux autrement
Grandir sur Terre : Les abeilles sauvages : encourager leur installation dans nos jardins
Interview : « Je suis une Seinte » 

Grandir en savourant
Zoom produit nature: L’équilibre acido-basique
Zoom aliment : Kombucha ou l’élixir de vie
Fines bouches : Recettes au naturel

La BD Paternage en souscription ! Sortie prévue en novembre

Tadam ! Grandir Autrement et les éditions Myriadis ont le plaisir de vous présenter l'album "Paternage" de Sébastien Buteau.

Compilant les planches parues dans le magazine et des dessins inédits jamais publiés, ce premier tome de l'auteur-dessinateur retrace l’histoire de la naissance d'une famille - la sienne, avec humour, réalisme et légèreté.Vignettes après vignettes, Sébastien Buteau nous emmène sur son chemin de parent, qui pourrait bien être le vôtre, ou le nôtre, et chronique avec une douce auto-dérision le quotidien d'une famille qui grandit et s'agrandit.

Pour quiconque a envie de partager ou découvrir joyeusement la grande aventure de la parentalité, respectueuse, aimante, écolo, nature !, cet album est un incontournable. A s'offrir ou offrir sans modération.

Dans une démarche originale et désireuse de soutenir une maison d'édition indépendante, l'album est en souscription jusqu’à sa parution. Nous vous proposons de l'acquérir dès maintenant sur le site de l'éditeur ou ici, le payant ainsi à prix réduit (15 euros), dans un processus inédit de consommation lente. L'album vous sera envoyé à sa sortie, prévue en novembre 2014.

Laissez-vous tenter les yeux fermés !

Toute l'équipe de Grandir Autrement vous remercie et vous souhaite de bonne(s)souscription(s) !



La dodothérapie - extrait du numéro 46

découvrez cet article extrait de notre numéro de mai/juin 2014

Les scientifiques n’ont de cesse de nous expliquer que le sommeil des  enfants doit être protégé ; les parents doivent veiller à la bonne qualité et à une quantité suffisante de sommeil.
Que se passe-t-il dans le corps durant le sommeil ? Celui-ci est-il à même de favoriser la guérison ?

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Info pour nos abonnés

Nous venons d'avoir l'information selon laquelle les envois du numéro 46 seront retardés à cause d'un dégât des eaux chez notre routeur qui a affecté nos magazines.
Nous avons dû prendre sur le stock prévu pour les kiosques un certain nombre de magazines pour remplacer ceux détruits chez le routeur. La présence en kiosque sera donc minime pour ce numéro.
Nous prions nos abonnés de bien vouloir nous excuser de ce désagrément indépendant de notre volonté.
Les magazines devraient parvenir dans vos boites aux lettres vers le 10 mai

Notre société, miroir de notre philosophie éducative - extrait du numéro 45

découvrez cet article extrait de notre numéro de mars/avril 2014

La société patriarcale dans laquelle nous évoluons a constitué les fondements de notre philosophie éducative, et ce depuis des millénaires. En établissant la relation éducative comme une relation de pouvoir, elle s'est appuyée sur une opposition : celle de la responsabilité des éducateurs face à l'immaturité des enfants, la seconde justifiant à elle seule l'usage des châtiments par les premiers. 

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On parle de nous dans CB NEWS

Un article sur Grandir Autrement dans CB NEWS à retrouver ici
A propos de CB News :
Fondé en 1986 par Christian Blachas, « CB News » est le journal référent de la communication, du marketing et des médias. Depuis 2011, le magazine a été relancé sous forme de mensuel. Le site et la « CB Newsletter », qui existent depuis 1998, ont également été relancés dans le cadre de cette reprise. CB NEWS est détenu par le groupe STARTINVEST. www.cbnews.fr

Nouveauté : Grandir Autrement change de peau !

Toute l'équipe de Grandir Autrement a le plaisir de vous présenter la nouvelle maquette du magazine dont voici la prochaine couverture !
 
Entièrement renouvelé dans son graphisme, avec un nouveau logo, 4 pages supplémentaires, plus d'espace, de rythme, de clarté et de cohérence graphique dans ses pages, le numéro de mars-avril vous attend avec toutes ses rubriques habituelles relookées, et son dossier consacré à comment sortir de l'engrenage de la violence éducative ordinaire.

En 2014, Grandir Autrement ne se contente pas de faire peau neuve et renoue avec les hors série dont un premier exemplaire paraîtra au mois de novembre.

Afin de profiter de toutes les nouveautés de 2014, venez vous (ré)abonner sans plus attendre sur notre site !

Votre fidélité à nos côtés nous est précieuse !
 

Allaiter c'est naturel - extrait du numéro 44

découvrez cet article extrait de notre numéro de janvier/février 2014

Dans son sous-titre, Grandir Autrement se présente comme “Le magazine des parents nature”.
Mais qu’est-ce qu’au juste, un « parent nature » ? Quel est le sens de la référence à la nature ou au naturel quand il s’agit de parentalité ? Existe-t-il quelque chose comme une parentalité naturelle par opposition à une parentalité culturellement déterminée ? S’agit-il plutôt d’une construction d’un nouveau genre de rapport à l’enfant, conforme à une idéologie plus globale qui prône le respect des processus, dits naturels, du corps et de son environnement ?
Naissance physiologique, allaitement, cododo, portage, prise en compte des besoins spécifiques
de l’enfant, pris comme expressions de la bientraitance, sont qualifiés de pratiques ou
comportements naturels par leurs défenseurs. Cependant, il arrive souvent que nous soyons
contraints de faire des compromis avec la nature. Car le naturel ne va pas toujours de soi, ne coule
pas de source pour les êtres culturels que nous sommes.

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Retard de livraison chez nos abonnés et distributeurs

En raison des fêtes, le numéro de janvier a pris du retard et n'arrivera qu'à partir de la fin de semaine chez nos abonnés. Toutes nos excuses pour cette attente.

L'alimentation non violente en famille - extrait de notre numéro 43

découvrez cet article extrait de notre numéro de novembre/décembre

Le végétarisme, mode de vie encore peu répandu en France par rapport aux pays voisins, fait l’objet de beaucoup de préjugés, surtout quand il concerne les enfants.
Il n’est pourtant qu’une façon parmi d’autres de grandir autrement.
Pour quelles raisons fait-on le choix du végétarisme en famille ?
Quels avantages peuvent en retirer les enfants ?
Quelles sont les astuces pour bien vivre ce choix au quotidien ?

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Grandir Autrement à l'honneur dans le Courrier picard !

Un article sur Grandir Autrement est paru dans l'édition du 6 novembre du Courrier Picard

A découvrir dans le numéro 41 !

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Le partage du sein

Continuer à allaiter pendant la grossesse, puis allaiter ensuite les deux enfants simultanément, cela ne se décide généralement pas à l’avance. Simplement, un beau
jour, alors qu’on allaite encore son enfant plus ou moins grand, on se retrouve enceinte.
Et l’on n’arrive pas à imaginer le sevrer comme ça, brutalement. Alors, si l’on sait qu’allaiter pendant la grossesse est tout à fait possible, on va peut-être se lancer dans l’aventure.

Grandir Autrement en kiosque!?




Le magazine Grandir Autrement va fêter ses 7 ans en septembre!!
Pour fêter cet anniversaire, nous avons un projet qui va vous plaire : voir Grandir Autrement dans les kiosques!

Vous l'imaginez, ce projet ne pourra pas se faire sans vous.
Nous lançons aujourd'hui un appel à financement participatif afin de récolter les fonds nécessaires pour lancer la vente du magazine en kiosque!

Si comme nous, vous désirez voir le magazine diffusé plus largement, vous pouvez désormais nous y aider en allant à cette adresse : http://fr.ulule.com/kiosque.

Nous vous invitons aussi à communiquer sur ce projet autour de vous.
- MERCI! -

A découvrir dans le numéro 40 !

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Le chant prénatal

...une pratique ancestrale et universelle. "Le chant prénatal ! Qu'est ce que c'est ? À quoi ça sert ? Ce sont des chansons ? Lesquelles ? Mais si je chante faux ? Quoi ?! Je peux aussi me servir de ma voix à l'accouchement ! Comment ? Et si je demande une péridurale ?..."
Voir le sommaire...

Numéro de mai/juin et semaine internationale des couches lavables

Alors que le numéro de mai/juin est en cours d'impression, profitez de la semaine internationale des couches lavables pour vous abonner, notre tout premier numéro vous sera offert en version PDF.

Le numéro de mai/juin est en cours d'impression. L'expédition de ce numéro à nos abonnés doit avoir lieu vers les 23/24 avril pour une arrivée dans les boites autour du 30 avril.
Si vous ne voulez pas rater ce numéro mais que vous ne vous êtes pas encore (ré)abonné au magazine, c'est le bon moment pour le faire. Cette semaine, à l'occasion de la semaine internationale des couches lavables, notre tout premier numéro, dont le dossier était consacré aux couches lavables, vous sera offert en version PDF pour tout abonnement d'un an.

Au sommaire du numéro 40 :

GRANDIR AU QUOTIDIEN

  • ACTIVITÉ : Un petit cheval à bascule en sureau
  • RELAXATION : Cœur à cœur
  • ACTIVITÉ : Petit Pouce : une histoire pour les petits, un jouet à faire soi-même
  • LIRE ET GRANDIR : Sélection de la rédaction

NAITRE PARENTS

  • GROSSESSE : Le chant prénatal : une pratique ancestrale et universelle
  • LA PAROLE AUX PAPAS : La couvade de Quentin
  • PETITES GRAINES : Non mais là y en a partout !
  • S'ATTACHER POUR GRANDIR : Interview : Gilles Verdiani, Mon métier de père

DOSSIER : Voyager en famille

Que vous soyez voyageur au long cours avec toute votre tribu ou simplement soucieux de préparer au mieux les prochaines vacances avec vos enfants, le thème de ce dossier vous concernera sûrement. Est-ce vraiment plus difficile ou contraignant de voyager avec des enfants ? Peut-on être globe-trotter dès le berceau ? Quelles vacances choisir quand on part en famille ? Comment organiser les trajets, occuper les enfants dans les transports, voyager avec un bébé allaité ? Nous partagerons avec vous nos trucs et astuces. Nous nous intéresserons également aux bénéfices secondaires des voyages en terme d'autonomie et d'apprentissages chez les tout-petits. Certaines familles font quant à elles le choix d'aller vivre à l'étranger : à travers leurs témoignages, nous vous livrerons le point de vue de ces expatriés. Alors, prêts à mettre les voiles ?

GRANDIR ET S’ÉVEILLER

  • ÉDUCATION : Danse à l'école maternelle
  • ILS GRANDISSENT : Amis pour la vie, amis dans la vraie vie
  • CHRONIQUE D’UNE PARENTALITÉ SANS VIOLENCE : La fessée, c'est pas bon pour la santé
  • ÉDUCATION NON VIOLENTE EN PRATIQUE : « Je m'appelle maladroit » : comment éviter de coller des étiquettes à nos enfants ?
  • PAS TOUJOURS FACILE D'ÊTRE PARENTS : L'écouter pour le comprendre

GRANDIR ENSEMBLE

  • GRANDIR SAINEMENT : Les plantes sauvages comestibles
  • FAIRE GRANDIR UNE INITIATIVE : Les poussettes cafés ont le vent en poupe en Belgique

GRANDIR EN SAVOURANT

  • ALLAITEMENT : Zoom sur une profession : consultante en lactation
  • ZOOM ALIMENT : Sur la route des épices
  • FINES BOUCHES : Recettes épicées

A découvrir dans le numéro 39 !

Découvrez un article du magazine en PDF

Quoi de neuf chez Grandir Autrement ?

Un nouveau rendez-vous régulier, pour vous tenir au courant des dernières infos de l'association et du magazine. Lire l'article

Les amalgames dentaires

...sont interdits de poubelle, mais pas de bouche ! Lire l'article

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Participez !

Materner des jumeaux, La santé des filles et de leurs mères, faites nous part de vos expériences : en savoir plus

Allaiter dans l’écharpe : le « pagne parisien »

Lisez un extrait du numéro 28 intitulé Allaiter dans l’écharpe : le « pagne parisien »

En ce 14 octobre, c'est La semaine internationale du portage qui se termine et La semaine mondiale de l'allaitement maternel qui commence.
Pour fêyer avec vous ces 2 évênements, l'association Grandir Autrement vous offre un extrait du numéro 28 intitulé Allaiter dans l’écharpe : le « pagne parisien », a partager autour de vous.

Bonne lecture !

Votre avis - impression du magazine en PEFC

Donnez-nous votre avis sur l'impression en PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) du n°36 en répondant à notre mini-sondage

Journée Internationale Pour la Liberté de l'Instruction

A l'occasion de la JIPLI, découvrez un extrait du magazine n°36 : L'instruction en famille en France : une liberté qui n'en finit pas d'être rognée !

Votre avis - Numéro 35

Vous avez lu le numéro 35 ? Votre avis nous intéresse ! Prenez quelques minutes pour nous faire part de vos remarques en répondant à notre questionnaire

Une doula à ses côtés...

Lisez un extrait du magazine N°3 sur les doulas.

Alors que la semaine internationale des doulas s'est achevée depuis quelques jours (du 22 au 28 mars), Grandir Autrement vous offre un article issu du n°3. En effet, en janvier-février 2007, nous vous avions présenté le travail de ces accompagnantes à la naissance, dont la présence s'est bien développée depuis.

Le numéro 28 à lire en ligne

Feuilletez les pages du magazine numéro 28 - Parents Solo pour découvrir Grandir Autrement.

Grandir Autrement vous propose de découvrir ou redécouvrir le magazine en vous offrant en consultation libre le Numéro 28 - Parents Solo !

Journée de la non-violence éducative

A l'occasion de la journée de la non-violence éducative, Grandir Autrement vous propose un forum d'entraide si vous souhaitez organiser une réunion, ainsi qu'un tract à imprimer et 2 articles extraits de notre Hors-Série numéro 1 "L'éducation sans violence"

Le 30 avril verra la neuvième édition de la Journée de la Non Violence Educative. Nous avons pu constater que des personnes aimeraient organiser quelque chose à cette occasion, mais hésitent à se lancer seuls ou ne savent pas comment organiser leur réunion. Il n'est pourtant pas nécessaire d'avoir suivi des formations à la non-violence éducative, ou d'être un modèle de perfection en la matière, pour organiser un moment d'échange et de partage autour de ce thème.

Nous vous proposons de vous inscrire sur le forum que nous avons créé.

Vous souhaitez organiser quelque chose pour la Journée de la Non Violence Educative ? Venez vous rencontrer, vous réunir, par départements, par villes. Venez chercher les informations dont vous avez besoin.

Vous avez déjà prévu ou animé une réunion ? Venez apporter votre aide et échanger avec les autres groupes.

Vous trouverez aussi sur cette page un tract à imprimer ainsi que 2 articles extraits de notre Hors-Série numéro 1 "L'éducation sans violence"

L'association Grandir Autrement diffusera sur son site internet les informations de chaque réunion ou action prévue.

Ce sont les petites actions de chacun qui feront de cette journée une réussite.

Sources et compléments - numéro 60

Numéro 60 : 

Sur l’allaitement

http://www.lllfrance.org/1068-epidemiologie-de-l-allaitement-en-france

http://www.lllfrance.org/vous-informer/actualites/1825-les-derniers-chiffres-de-l-allaitement-en-france

http://www.lllfrance.org/vous-informer/actualites/1722-que-disent-les-taux-dallaitement-francais

Chiffres de l'allaitement en France à partir des certificats de santé des 8e jour, 9e et 24e mois : http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er958.pdf

Prévalence de l’allaitement à la maternité selon les caractéristiques des parents et des conditions d’accouchement (enquête Elfe 2011) :
http://invs.santepubliquefrance.fr//beh/2014/27/pdf/2014_27_1.pdf 

Durée de l’allaitement maternel en France (enquête Épifane 2012-2013):
http://invs.santepubliquefrance.fr//beh/2014/27/pdf/2014_27.pdf

Sur la grossesse et l’accouchement

Les maternités qui réalisent le plus d’accouchements :
http://www.journaldesfemmes.com/maman/maternite/classement/maternites/nombre_accouchements

Taux d’épisiotomie en France : http://www.episio.info/connaitre/taux-episio/

Sur la césarienne :
http://www.cesarine.org/avant/etat_des_lieux.php
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-09/experimentation_cesarienne__taux_2011_a_2013_2014-09-16_17-11-16_366.pdf

Sur la péridurale :
http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/en-france-la-peridurale-est-frequente-chez-les-femmes-qui-souhaitaient-accoucher-sans 
http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00854831/document
http://www.cosf59.fr/wp-content/uploads/2013/12/alisonclarys1.pdf

Maisons de naissance, rapport législatif :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rapports/r1560.pdf

HAS, données épidémiologiques générales liées à la grossesse :
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-07/donnees_epidemiologiques_generales_liees_a_la_grossesse.pdf

Sur la remise en cause de la pratique des accouchements à domicile, voir le syndicat national des sages-femmes pour l’accouchement à domicile : http://snsfaad.weebly.com/

Sur le vécu des parturientes

Souhaits des femmes et vécu de l’accouchement, étude réalisée à partir d’une enquête du Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) :
http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2_10_2012_ciane_SOUHAITS_DES_FEMMES.pdf 

Satisfaction maternelle et mode d’accouchement :
http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00563944/document

Enquête de satisfaction auprès des patientes ayant rédigé un projet de naissance :
http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00909417/document

Satisfaction de 424 usagers pendant la grossesse et à l’accouchement dans le Réseau de
santé en périnatalité « Sécurité Naissance » des PaysdelaLoire :
http://www.em-consulte.com/showarticlefile/891965/main.pdf

Enquête Magicmaman :
http://www.magicmaman.com/,suivi-de-grossesse-accouchement-sortie-de-la-maternite-ensemble-on-peut-mieux-faire,58,1785189.asp#

Sur la violence éducative

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/03/13/01016-20150313ARTFIG00402-interdiction-de-la-fessee-70-des-francais-disent-non.php

« Spanking and child outcomes : Old controversies and new metaanalyses », Elizabeth T. Gershoff, Andrew GroganKaylor,
Journal of family psychology, juin 2016 :
http://psycnet.apa.org/psycinfo/2016-17153-001/ 

À lire sur le site de l’OVEO :
https://www.oveo.org/effets-de-la-fessee-sur-le-developpement-de-lenfant-de-0-a-9-ans/

http://www.oveo.org/wp-content/uploads/2016/04/OVEO_DossierPresse-20avril-PPL_Abolition_violences.pdf

Sources et compléments - numéro 61

Numéro 61 - "Les caries, une histoire de carences ?" rubrique Grandir en savourant

À propos du rôle de la vitamine K2, voir : Vitamin K2 and the calcium paradox : how a little-known vitamin could save your life, Kate Rheaume-Bleue, Éditions Harper (2013).

 

Sur la nutrition en pré-conception, durant la grossesse, l’allaitement et pour les premiers solides du bébé, voir : Beautiful Babies : Nutrition for fertility, pregnancy, breastfeeding, and Baby's first foods, Kristen Michaelis, Éditions Victory Belt Publishing (2014).

 

Sur les premiers solides, un éclairage anthropologique et historique notamment : http://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1708-reflexions-sur-les-aliments-de-sevrage

 

Sur le lien entre formation des structures faciales in utero et perception de la beauté, ainsi que les écarts entre grossesses : https://clairetlipide.wordpress.com/2012/03/19/une-certaine-conception-de-lesthetique/

 

Pour aller plus loin sur le sujet des vitamines et des minéraux dans le cadre de la santé dentaire et l'alimentation : http://www.neosante.eu/comment-garder-de-bonnes-dents/

 

La pratique du fil dentaire remise en question : http://bigstory.ap.org/article/f7e66079d9ba4b4985d7af350619a9e3/medical-benefits-dental-floss-unproven

 

Le rôle de la vitamine D :

http://adc.bmj.com/content/97/Suppl_1/A103.1

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmedhealth/PMH0053847/

http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2014/04/16/peds.2013-2215

 

À propos de la vitamine A : https://clairetlipide.wordpress.com/2016/01/21/une-vitamine-a-sous-estimee-par-les-vegans/

 

Un témoignage sur le blog francophone de référence sur le sujet : https://clairetlipide.wordpress.com/2011/10/19/comment-jai-gueri-la-carie-de-mon-fils/

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