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Perceptions sonores in utero

Article issu du numéro 62 - Les enfants et la musique

D’abord perçu à l’état de vibration sur sa peau, le son enveloppe et stimule le foetus très tôt dans son développement. Bercé tant par les bruits corporels maternels que par l’environnement sonore extérieur, il se montre réceptif à la voix (en particulier celle de sa mère) et à la musique bien avant sa naissance… et s’en souvient bien après ! 


Les oreilles se forment chez le fœtus au cours de la huitième semaine mais des cellules réceptrices situées sur sa peau, ses muscles et ses articulations lui permettent de recevoir les vibrations sonores dès le stade embryonnaire. Il lui faudra toutefois attendre encore un peu pour percevoir des sons. Les petits os vibratoires qui vont lui permettre d’entendre apparaissent en effet aux environs de la quinzième semaine.
Au début, le fœtus perçoit donc essentiellement des vibrations, produites par les sons conduits par le liquide amniotique qui atteignent sa peau et ses terminaisons nerveuses, lui procurant au passage un doux massage. Les fréquences hautes, filtrées par la paroi abdominale maternelle et le liquide amniotique, sont quasi imperceptibles pour lui tandis que les fréquences basses, constituées par les sons graves, lui parviennent très bien.
Au fil des semaines, sa perception s’affine, son système auditif se développe (au cours du septième mois) et il se met à entendre véritablement les sons, et notamment les voix, en particulier celle de sa mère, qui est celle qu’il entend le mieux puisqu’il la perçoit à la fois de l’intérieur (conduite par les tissus et les os jusqu’à l’utérus et amplifiée par le bassin et le squelette maternels qui font une caisse de résonance) et de l’extérieur, à travers les parois de l’abdomen maternel.
À partir du sixième mois environ, le fœtus distingue les sons venus de l’intérieur et ceux venus de l’extérieur. On a longtemps cru que les bruits internes (gargouillis intestinaux et battements de cœur maternels) recouvraient les autres sons qui pouvaient lui parvenir de l’extérieur. Or ces bruits ont une intensité sonore proche du chuchotement. En outre, un bruit régulier, comme les battements de cœur de sa mère, ne provoque pas de réaction chez le foetus tandis que son rythme cardiaque change lorsqu’il perçoit un nouveau son. De nombreuses mères témoignent également des sursauts de leur bébé en cas de bruit fort, soudain, inhabituel.

Et la musique ?

Faire écouter une musique en particulier, de manière régulière, à son bébé pendant la grossesse lui permettra, après la naissance, de se détendre à l’écoute de cette musique qui lui rappellera le bien-être fœtal. L’étude de l’audition des fœtus a en effet montré que ceux-ci sont capables de reconnaître un morceau de musique régulièrement écouté par leur mère et d’en apprécier tous les bienfaits, ce qui se traduit par une décélération de leur rythme cardiaque (contrairement à l’écoute d’un morceau de musique jusque-là inconnu qui, lui, provoque l’effet inverse en induisant une accélération des battements du cœur). Certaines mères témoignent aussi de ce que leur bébé semble manifester son plaisir d’écouter une musique en particulier en bougeant de manière particulière (mouvements plus intenses, « en rythme »).
Une étude finlandaise1 est d’ailleurs venue confirmer ces observations en démontrant que la musique stimule le développement du cerveau et de la mémoire du fœtus. Pour cela, les chercheurs ont fait écouter de la musique à des femmes enceintes plusieurs fois par semaine au cours du dernier trimestre de grossesse. Ils ont fait écouter la même musique, ainsi qu’une musique proche mais légèrement différente, aux bébés de ces femmes à leur naissance, puis de nouveau à 4 mois. Les bébés ont montré une activité cérébrale plus élevée à l’écoute de la musique qu’ils connaissaient déjà. Les scientifiques en ont conclu que la stimulation prénatale par la musique accélère les facultés d’apprentissage.

Musicothérapie en Néonatalogie

Si la musique a des effets notables sur le fœtus, comment ne pas imaginer qu’il en soit de même pour les bébés prématurés ? Leur hypersensibilité, notamment auditive et tactile, est encore accentuée par le fait qu’ils sont soudain coupés du contact permanent d’avec la matrice maternelle pour être placés au cœur de machines émettant de nombreux sons jusque-là inconnus, stimuli pour le moins inquiétants, comme le sont les soins auxquels ils sont soumis plusieurs fois par jour. Dans ce contexte, la musique et le chant peuvent contribuer à les réconforter, à les détendre et à les rassurer, en plus du contact rapproché et le plus fréquent possible avec leurs parents. En France, pourtant, c’est une pratique qui peine à se développer : un seul hôpital à l’heure actuelle a intégré la musicothérapie au protocole de soins en néonatologie. « Voyellisation » rythmée, tambour d’océan et piano à pouces (kalimba) rappellent l’univers sonore enveloppant dans lequel baignait le fœtus in utero et l’aident à réguler sa respiration et son rythme cardiaque. Isabelle, maman d’une petite fille née à 6 mois et demi de grossesse, témoigne de ce que ces séances leur ont apporté :

« Deux après-midi par semaine, nous recevions la visite de la musicothérapeute, Stéphanie, avec son petit instrument à lamelles, sa kalimba. Ces moments étaient des parenthèses d’apaisement. Je me souviendrai toujours des débuts de séance et de la douce voix de Stéphanie “Bonjour Angèle, Bonjour Bébé …”. J’avais l’impression que ma fille se détendait immédiatement. Elle baillait et s’étirait comme pour nous faire comprendre qu’elle se sentait bien. Nous ressentions les vibrations de l’instrument et, l’espace de quelques minutes, le tumulte autour de nous marquait une pause. C’était comme si Stéphanie nous invitait à un voyage. Elle ressentait les dispositions d’Angèle à recevoir la musique et adaptait sa séance en fonction. La fréquence des soins et les nombreux bruits rendent souvent l’environnement hospitalier pesant et peu chaleureux, qui plus est pour les enfants prématurés qui y passent des semaines entières. J’emportais toujours à l’hôpital mon livre de chansons. J’ai beaucoup fredonné de mélodies autour de la couveuse de ma fille, cela permettait à Angèle d’entendre ma voix, de savoir que j’étais près d’elle. Mais l’approche d’un musicothérapeute est bien plus singulière, ce n’est pas simplement chanter des chansons. C’est apporter un réconfort, un bien-être, un apaisement. En plus de la présence des parents qui est capitale, ces moments réduisent l’anxiété de l’enfant. De ce fait, il est plus calme et les alertes deviennent moins fréquentes. On participe à son éveil en sollicitant son attention. Et aussi, on lui prouve de cette manière qu’au travers de la musique, la vie peut être belle et agréable et que le combat qu’il mène en vaut la peine. En tant que parents, notre ressenti est immédiat. Nous constatons très clairement que nos enfants se portent beaucoup mieux grâce à cette thérapie douce et que cela les aide à surmonter ces moments difficiles que sont une naissance prématurée et un séjour prolongé à l’hôpital. »

Témoignage : De l’effet, sur mon nouveau né, de la musique écoutée pendant la grossessse – Guillemette Lepelletier

Pour mon premier bébé, c’était une démarche toute personnelle pour m’amener à la tranquillité : en position de repos, à la recherche de l’apaisement, je me connectais à mon bébé accompagnée d’une douce musique choisie en début de grossesse. Moment fixé dans ma journée rien que pour moi, rien que pour nous, quelle ne fut pas ma surprise, après la naissance, de constater le pouvoir de cette musique sur mon enfant dans le tumulte de nos premiers pas ensemble ! Qu’il s’agisse de soirées un peu difficiles ou de voyages en voiture, cet album nous a accompagnés partout tant il apaisait effectivement notre tout-petit porté et caressé. Cela a marché jusqu’à ses 9 mois environ. Autant vous dire que je me suis appliquée à faire de même pour mes enfants suivants. Chacun a son album, aujourd’hui référence à ses premiers moments de vie dans et hors de mon ventre : comme si l’émotion associée à cette musique pendant leur gestation n’avait pas cessé avec l’épreuve de la naissance, comme un fil rouge de référence

Sophie Elusse


1 « Prenatal Music Exposure Induces Long-Term Neural Effects », Eino Partanen, Teija Kujala, Mari Tervaniemi, Minna Huotilainen, 30 octobre 2013, Journal PLOS ONE / http://journals.plos.org/ plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0078946

 

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