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Respect de la physiologie : plantes et humains, même combat

extrait du numéro 68 - mars/avril 2018

  © Jenny BalmefrézolPour faire pousser des tomates dans notre jardin, il va nous falloir préparer un sol accueillant et approprié, donner de l’attention, du temps et de la patience. Il faut bien arroser et être présent, tout en laissant à la plante de la place et de la liberté afin qu’elle puisse s’épanouir, fleurir et faire des fruits. Et pour les humains, qu’en est-il ? Ne serait-ce pas similaire ?De prime abord on ne ressemble pas beaucoup à une tomate, pourtant nous avons plus d’un point en commun. Le respect de notre physiologie comme condition de notre bon développement en fait partie.

La physiologie, du grec « phusis », la nature, et « logos », l’étude, la science, étudie le rôle, le fonctionnement et l’organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants. Elle étudie également les interactions entre un organisme vivant et son environnement et cherche à préciser la nature des mécanismes grâce auxquels les organes remplissent leurs fonctions. La physiologie est une discipline voisine de l’histologie 1 , de la morphologie 2 et de l’anatomie 3 . Elle s’applique aussi bien au règne animal (physiologie animale), qu’au règne végétal (physiologie végétale ou phytobiologie).

Boulot, métro, dodo…

Pour pousser de manière autonome, une plante a besoin d’un sol qui correspond à ses besoins biologiques de nutrition, d’un air sain et d’un environnement non stressant. Sinon, elle ne s’épanouira pas correctement, développera des pathologies et ira même jusqu’à mourir prématurément. Il en est de même pour nous. Aujourd’hui nous souffrons bien souvent d’une alimentation dégradée et d’un rythme allant à l’encontre de notre biologie. Nous respirons pour beaucoup un air pollué et nous sommes soumis à des taux de stress énormes qui commencent malheureusement trop souvent dès le berceau.
© Jenny Balmefrézol
Nous sommes facilement choqués d’entendre que dans certains élevages conventionnels de poules pondeuses, les éleveurs organisent la vie des poules de manière à leur faire croire que dans une journée il y en a deux en jouant sur les éclairages des hangars. Et ce, afin qu’elles pondent deux fois plus, sans prendre en considération leur physiologie et leur épuisement. Pourtant il est tout à fait admis que d’éclairer nos maisons à 6 heures le matin pour commencer plus tôt notre journée et de les éteindre à 23 heures pour en faire encore un peu plus n’est pas un problème. La démocratisation de l’électricité et donc des éclairages dans les maisons a été une grande avancée technologique qui a certes d’énormes avantages, mais aussi des inconvénients. Un des gros inconvénients est celui d’aller à l’encontre de la physiologie qui voudrait que nous soyons au repos la nuit et éveillés la journée pour retirer les bienfaits de la lumière. Il a été prouvé que les intensités et les fréquences lumineuses des éclairages artificiels et des écrans sont néfastes pour notre santé 4 , et pourtant c’est notre quotidien.

La vie du 21e siècle nous pousse à aller toujours plus vite et à faire toujours plus de choses. Nos enfants vivent ça aussi au quotidien. La France, en comparaison avec certains pays notamment du nord, impose aux enfants un rythme scolaire très soutenu et intense. Se lever tôt, se dépêcher de se préparer pour partir à l’école. Se dépêcher de faire son exercice et le faire sans fautes car l’erreur est très mal vue. Se dépêcher d’aller à la cantine même si l’on n’a pas faim à ce moment-là. Se dépêcher de manger son assiette et ne surtout pas en mettre à côté. Se dépêcher de jouer parce que la récréation ne dure pas longtemps. Se dépêcher de faire pipi parce que c’est maintenant et c’est tout. Se dépêcher pour ne pas rater le bus. Se dépêcher de goûter pour aller vite faire ses devoirs. Se dépêcher d’aller au bain, pour se dépêcher d’aller dormir, pour vite recommencer demain. Et en plus on doit s’estimer heureux parce qu’il y a des endroits dans le monde où il n’y a pas d’école et pas d’électricité qui permet de se lever tôt pour travailler devant des ordinateurs et se coucher tard ! Si parfois on avait dix minutes pour y réfléchir, on pourrait peut-être se poser la question de ce qui est le mieux et pourquoi…

Comment faire pour respecter davantage notre physiologie?

© Jenny BalmefrézolVous arrive-t-il parfois de vous réveiller parce qu’un rayon de soleil caresse votre visage ? La réponse est souvent non, car on dort généralement les volets fermés. Voilà par exemple un détail facile à modifier au moins une fois de temps en temps...

Il serait plus judicieux que des temps de qualité priment sur des quantités de temps bien remplis de plein d’activités. Des activités, on en fait beaucoup : travailler beaucoup pour gagner beaucoup d’argent pour manger beaucoup, consommer beaucoup, se divertir beaucoup et partir un peu en vacances… Il faudrait deux journées en une, et encore cela ne suffirait pas. C’est la course entre passion, ambition, savoir, pouvoir, devoir, espoir, tout est mélangé et au fond, on se demande souvent pourquoi on fait les choses. À quoi ça rime ? Plus d’activités et d’agitation ne veut pas dire plus de bonheur. Prenons le temps, faisons l’éloge des moments simples partagés en famille, l’éloge de la lenteur, de la respiration consciente, de la non-activité partielle. Même si bien entendu cela n’est pas toujours facile et parfois même très compliqué, la prise de conscience est déjà un grand pas vers plus de sérénité et de respect de nous-mêmes.

De la naissance jusqu’à la mort

De la naissance jusqu’à la mort, nombreuses sont les occasions de faire preuve de davantage de respect envers la physiologie. On entend parfois parler des accouchements physiologiques ou des accouchements qui garderaient une place pour la physiologie. Mais ça ne s’arrête pas à la naissance. On peut aussi accompagner nos bébés et nos enfants dans le respect de leur physiologie : respecter le plus possible leur temps de sommeil, respecter leurs besoins alimentaires, horaires et quantité, au moins quand ils sont avec nous. Allaiter nos bébés à la demande, les porter s’ils le veulent sans restriction, éviter un maximum de les traîner dans des supermarchés où il y a des néons, le wifi et autres ondes. Laisser les enfants passer des heures dehors s’ils le souhaitent, même en hiver. Nos adolescents aussi ont besoin que l’on respecte leur biologie et leur psychologie, dans cette période très riche et très complexe. Besoin de veiller tard, besoin de dormir beaucoup, besoin de rire, besoin de râler. Quant à nous, adultes, levons le pied et refusons ce rythme que l’on nous impose. Il faut réorganiser nos vies pour en faire moins, prendre le temps d’apprendre à respirer, à observer, à sourire à notre voisin. Moins courir après l’argent, consommer moins et mieux. Prendre le temps de faire des gâteaux soi-même et y mettre de l’amour. S’occuper de nos aïeux, leur permettre de passer du temps avec leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Écouter leurs récits si précieux et en tirer des leçons. Prendre le temps de comprendre pourquoi on est malade quand on l’est et prendre le temps de se soigner avec une médecine plus naturelle, plus lente et moins violente. Prendre le temps de faire pousser quelques tomates (même si c’est sur notre balcon en ville) pour comprendre leur vie et en prendre exemple ! ◆

Jenny Balmefrézol

1 L’histologie est la branche de la biologie et de la médecine qui étudie les tissus biologiques. Elle a pour but d’explorer la structure des organismes vivants (source Wikipédia).
2 La morphologie est l’étude de la forme et de la structure externes des êtres vivants dans les différentes sciences biologiques (source Wikipédia).
3 L’anatomie est la science qui décrit la forme et la structure des organismes vivants et de leurs parties (source Wikipédia).
4 http://www.afe-eclairage.fr/docs/2017/12/12/12-12-17-10-54-Fiche_AFE_effets_lumiere_sur_Homme.pdf


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